Publié le 13 Juillet 2019

Pourquoi l'ours est-il une espèce menacée d'extinction dans les Pyrénées ?
Depuis que l'Homme et l'ours cohabitent, c'est la chasse qui est responsable de la chute du nombre d'ours dans le monde. Elle était légale et encouragée par des primes. L'abattage des ours était récompensé par un revenu confortable (grâce à la vente de la fourrure, des griffes, de la viande, et de la graisse, des primes…). Au début du XIXième siècle, les oursons étaient capturés et vendus à des montreurs d'ours, impactant fortement le nombre d'ours dans les montagnes. Malgré une interdiction de la chasse à l'ours en 1962, cet animal reste une cible qui rapporte de l'argent et le braconnage sévit toujours. Ses causes énoncées ont amené la population des ours sous le seuil de viabilité dans les Pyrénées (qui est de 50 individus minimums pour préserver une espèce). Les actions de protections et de conservation de l'ours ont été trop tardives et n'ont pas su s'imposer. En effet, en 1995 il ne restait que 5 ours dont une seule femelle dans les montagnes.
Pourquoi le réintroduire ?
Tout d'abord pour une question d'éthique et de morale. Devons-nous, par nous-mêmes, exterminer une espèce pour notre seul confort ? Si l'on choisit de faire disparaitre une espèce, pourquoi pas une autre ? L'ours n'est pas un nuisible en premier lieu et il était là bien avant l'Homme. Nous nous devons de préserver la nature, sa faune et sa flore car elle est indispensable à l'homme. L'ours ne lui est pas non plus utile, mais devons-nous vraiment garder uniquement ce qui nous est utile ? Quels droits avons-nous sur ce genre de décision ? De plus, lorsque que le recensement est tombé à 5 ours dans les Pyrénées, les associations de protections de l'ours ont réussi à commencer une réintroduction d'ours dans les montagnes du sud-ouest.
Quelles sont les solutions apportées pour la réinsertion ? Par qui ?
C’est un regroupement d'associations pour la protection et la réintroduction de l'ours, le CAP Ours qui a réussi à enclencher l'engrenage. Ce collectif rassemble une quinzaine d’associations membres, dont les plus actives pour la réinsertion sont : Pays de l’Ours-ARDET et FERUS. Toujours en 1995, l'ours était voué à disparaitre en France. Au constat du catastrophique nombre d’ursus dans la région, un plan de réintroduction d’ours voit le jour. L’ours de Slovénie est choisi pour repeupler les montagnes du sud-ouest de la France, car il représente les mêmes similitudes génétiques et climatologiques que l’ours des Pyrénées. En 2004, a été abattue illégalement Cannelle, la dernière ourse pyrénéenne pure souche, il ne reste désormais que des ours slovènes.

Depuis, les associations ont réalisé 6 lâchés d’ours. Les mairies des communes aux alentours sont favorables à ces opérations. L’état se doit aussi d’encourager ces pratiques car il a pour devoir de protéger la nature (donc l’ours), et les finance. Le montant pour un lâché d’ours ne représente que 1,6 millions d’euros par an, soit trois centimes par habitants en France. Bien entendu, si l’on avait conservé l’ours des Pyrénées à temps, le coût aurait été moins important. Cependant, l’Etat n’a pas rempli sa part du contrat dans la préservation de l’ours et les associations l’ont attaqué en justice, pour politique vide et implication insuffisante.
Comment sont réintroduit les ours ?
Les ours sont capturés en Slovénie, où leur nombre est bien suffisant, et la chasse est autorisée. Ils sont anesthésiés et transportés en camion jusque dans les Pyrénées où ils sont lâchés dans les montagnes. L’ours de Slovénie vit dans le même type de climat et d’environnement, ce qui ne pose pas de problème d’adaptation à leur nouvel habitat. Avant d’être lâchés, les ours sont examinés, pucés, et tatoués. Ils porteront un collier émetteur GPS qui tombera au bout d’un an, une fois la batterie vide. Puis, dans la nature, ils seront suivis par indices prélevés sur sites, comme des touffes de poils, des traces de griffures, photos/vidéos… Les portées d’oursons ne sont donc pas géolocalisables mais l’observation permet d’estimer un nombre d’ursus présents dans la zone. On compte aujourd'hui 43 ours recensés dans les Pyrénées.
Quelles réactions à ce plan de réintroduction ?
Le débat est houleux, surtout en ce moment depuis que le ministère de l’Ecologie a fait lâché deux nouvelles ourses slovènes dans les montagnes. Même si la majorité de la population pyrénéenne est favorable à 76 % pour l’accueil de ces ourses, une minorité mais déterminée, s’y oppose fortement. Les principaux concernés sont les éleveurs et les bergers, ce que l’on peut comprendre, ils craignent pour la sécurité de leurs troupeaux. En effet, leur principal argument est les dégâts causés par les ours lors d’attaques de troupeau. Même si elles sont occasionnelles, le risque existe. Les principaux concernés ont organisé des manifestations intenses pour protester contre ces lâchés d’ours. Des routes ont été bloquées et des chasseurs cagoulés menacent de rouvrir la chasse à l’ours. Même si la population est encline à la réinsertion de l’ours, les principaux concernés pensent en pâtir.

L'ours est-il dangereux ?
L’ours est un animal imposant, il peut peser 250 kg pour un ours moyen. Sa taille et sa corpulence lui apporte une force proportionnelle. Tuer un homme n’est pas difficile pour un ours mais naturellement, il fuira les humains. Attaquer des troupeaux est tout de même peu attractif pour l’ours, par la présence des bergers mais aussi des chiens de bergers des Pyrénées dît le « Patou ». Ces chiens sont efficaces pour faire fuir les ours. De plus l’ours est solitaire et préfère vivre dans les forêts, loin de la fréquentation humaine pour rester dans un environnement plus sauvage.
Comment réagir face à un ours ?
Si vos balades et randonnées dans les Pyrénées vous amène face à un ours, rien de sert de courir ni de grimper dans les arbres. Si l’ours ne vous a pas vu, indiquer lui votre présence clairement mais calmement en faisant du bruit (parole, pas bruyants…) mais rien de menaçant ni d’inquiétant pour l’ours. Changez rapidement de direction pour ne pas rester trop proche de l’animal trop longtemps. Signalez aussi sa présence pour éviter à d’autres randonneurs de passer pas cet endroit. Si l’ours vous a vu, ne paniquez pas et éloignez-vous calmement mais rapidement. En aucun cas il ne faut s’approcher de lui, même si c’est un ourson. Laissez-lui toujours un chemin de fuite, car l’ours n’attaquera que s’il se sent coincé et menacé.
Mathilde. R

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