Publié le 1 Mars 2020

LA GENÈSE D’UN MYTHE

Source : Wikipédia

1933 : Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack réalisent King Kong, un succès monstre. Les effets spéciaux de ce film, notamment sa stop-motion élaborée par Willis O’Brien et son équipe, vont avoir une influence durable dans le monde du trucage. Le film ressort massivement en 1952 et ses recettes se voient doublées, ce qui va donner des idées à d’autres producteurs.

Combat mythique entre Kong et un T-Rex dans le film de 1933

 

1945 : le Japon perd la guerre. Au déshonneur national s’ajoute les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki, traumatisme qui va profondément s’ancrer dans les esprits, et inspirer les plus grandes inquiétudes. La guerre montre que l’apocalypse est possible, qu’une civilisation peut s’écrouler, aussi impensable que cela puisse paraître particulièrement pour le très fier empire japonais. L’île du soleil levant découvre ce qu’avait dit Paul Valéry au sortir de la Première Guerre mondiale : « Les civilisations maintenant savent qu’elles sont mortelles ».

undefined
Source : Flickr, nycscout

1953 : Eugène Lourié, collaborateur de Jean Renoir l’ayant suivi aux États-Unis, réalise Le Monstre des temps perdus, adapté d’une nouvelle de Ray Bradbury. L’histoire : des essais nucléaires en Arctique réveille une créature d’un autre âge, qui sème ensuite la terreur dans une grande ville. Le projet a été lancé après le succès de la ressortie de King Kong l’année précédente. Les effets spéciaux en stop-motion sont signés Ray Harryhausen, assistant de Willis O’Brien, et le film va lancer une vague de films et de comics de monstres géants dans les années 1950. Il va également intégrer durablement la peur du péril atomique dans la science-fiction d’après-guerre.

 

Mars 1954 : des essais nucléaires dans les îles Marshall, un territoire japonais, touchent un bateau de pêcheurs, le Daigo Fukuryū Maru. Les américains testaient alors la bombe H la plus puissante qu’ils aient jamais utilisée, la zone de test prévue n’est pas suffisante, l’explosion étant trois fois plus puissante que prévu. Les îles proches doivent être évacuées et les pêcheurs sont irradiés. Ils témoigneront d’un spectacle apocalyptique au moment de l’explosion, et l’un mourra des suites des radiations. Dans les années 1950, il y a un sentiment anti-nucléaire très fort au Japon. De nombreuses manifestations contre les essais nucléaires dans le Pacifique sont organisées, et cet évènement est un de ceux qui va le plus soulever les foules. Ce drame fait germer une idée au sein de la Toho, où l’idée d’un remake de La Créature des temps perdus fait déjà son chemin.

La même année, le studio japonais Toho connaît de grandes difficultés, à l’image du cinéma japonais qui a du mal à se remettre de la guerre. Ses quelques productions, des drames aux budgets modestes, ne fonctionnent pas, et le studio cherche des idées pour se remettre à flot. En 1954, deux projets ambitieux vont catapulter la Toho au sommet du cinéma japonais et lui donner une notoriété à l’étranger : Les Sept samouraïs de Akira Kurosawa et Godzilla de Ishirô Honda.

Le producteur Tomoyuki Tanaka va confier Godzilla dans les mains de trois artistes qui vont marquer toute la saga : le compositeur Akira Ifukube qui va créer le thème mythique de Godzilla, le concepteur des effets spéciaux Eiji Tsuburaya qui va révolutionner les effets spéciaux dans le cinéma japonais et le réalisateur Ishirô Honda, figure du cinéma de science-fiction nippon.

Affiche du film. Source : Wikipédia

Á l’origine, Godzilla devait être une pieuvre géante, mais le succès de La Créature des temps perdus fait pencher la balance en faveur d’une créature préhistorique. On va pour cela aller chercher du côté des « yokai », créatures surnaturelles du folklore japonais, et notamment du yokai « la baleine fantôme » (bake-kujira), un monstre ancien aquatique, qui va notamment donner le nom de Godzilla : Gojira, mélange entre « gorilla » et « kujira », c’est-à-dire entre « gorille » et « baleine ».

 

LA PEUR DU XXe SIÈCLE

Le film voulait jouer sur la peur atomique très présente à l’époque, ainsi sur les premiers storyboards Godzilla avait un champignon atomique sur la tête, mais par peur de la censure ce détail a été enlevé. Il a néanmoins été gardé le souffle atomique que crache le monstre. Tout le propos du film est ainsi que Godzilla est une créature préhistorique réveillée par des essais nucléaires qui mute à cause des radiations. Il est tentant de le garder en vie et de l'étudier pour faire de grands progrès, de façon semblable à l’arme atomique. Mais dans les deux cas l’enjeu n’en vaut pas la chandelle, autant Godzilla que l’arme atomique sont des armes apocalyptiques pouvant détruire l’humanité.

Godzilla s’ancre ainsi dans la peur du XXe siècle : la peur de la fin du monde. Dans les années 1950, il y a partout dans le monde une peur généralisée du nucléaire et de ses effets. Les deux plus simples à retranscrire à l’écran sont la destruction de masse et les transformations génétiques. Les monstres géants sont la retranscription la plus efficace de cette peur : issus pour la plupart de transformations génétiques, ils sont incontrôlables et anéantissent des villes. Ces films, portés par un imaginaire scientifique et apocalyptique, sont une extériorisation des peurs et des colères qu’engendrent le nucléaire.

Première scène de destruction du film de Honda

 

Le cinéma japonais traite néanmoins la question nucléaire différemment du cinéma américain. Durant les années 1950, le cinéma japonais est dans une période alarmiste et humaniste. Il retranscrit la crainte d’une troisième guerre mondiale (ses conséquences sur le Japon pouvant être catastrophiques) et de la bombe atomique. Là où dans les films américains, la confiance dans la science et le progrès concluent toujours les histoires de monstres géants, ramenant souvent la menace au bloc communiste de façon implicite, les films japonais se montrent plus pacifistes et moins confiants. Dans Godzilla, l’Oxygen Destroyer est l’arme qui sert à tuer le monstre. Son potentiel de destruction est aussi puissant que celui de Godzilla, et par peur que son invention tombe entre de mauvaises mains, le scientifique détruit ses notes et se sacrifie (on peut même dire qu'il se suicide) en utilisant son arme contre le monstre. Ici, la science s’autodétruit et n’est pas louée. Elle a fait naître Godzilla et l’a détruit, sans qu’il n’y ait aucun bénéfice pour personne, ne causant un final que la destruction. Jamais on n’aurait vu une telle fin dans un film américain. Néanmoins, à cette époque, dans les films de monstres aussi bien américains que japonais, le monstre ne doit pas être une menace insurmontable. Ces films ne sont pas là pour décourager mais au contraire pour montrer qu’une nation est plus forte, et qu’elle peut se relever du pire. Dans le cas de Godzilla, le monstre symbolise le traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, de Hiroshima et de Nagasaki. Le vaincre, c’est faire le deuil, montrer que le Japon est une nation qui se relève, et qui d’ailleurs se développe fortement dans les décennies suivant la guerre.

 

UN PILIER DU CINÉMA JAPONAIS

Á sa sortie, Godzilla est un grand succès au Japon, mais aussi aux États-Unis où le film est remonté avec des scènes tournées avec des acteurs américains. Ainsi, en occident, le film est diffusé avec un montage où le message anti-nucléaire est aseptisé. Il faut attendre les années 90 pour que le montage japonais soit enfin diffusé en Europe et en Amérique. Le succès du film a inévitablement entraîné de nombreuses suites, faisant de Godzilla une des saga les plus prolifiques du cinéma avec 32 films, plus 2 séries d’animation et 3 films américains. La saga se divise en quatre périodes : l’ère Showa de 1954 à 1975, l’ère Heisei de 1984 à 1995, l’ère Millenium de 1999 à 2004 et l’ère Reiwa. Chaque période se caractérise par des différences de techniques, de ton, et d’arc narratif.

Gamera vs Jiger, Noriaki Yuasa, 1970

Le film va engendrer un nouveau genre cinématographique : le Kaiju Eiga. C’est un cinéma reposant sur un certain genre d’effets spéciaux, expérimenté pour la première fois par Eiji Tsuburaya sur le premier Godzilla : l’emploi de maquettes et de décors en carton, accueillant des acteurs en costumes de monstres (« man in suit » ou « creature suit »). Au cinéma, la saga Godzilla reste le principal représentant du Kaiju Eiga, mais on peut également citer la saga Gamera ou encore le film nord-coréen Pulgasari. Ces films puisent dans l’imaginaire des yokai.

S : Pinterest, CandelabraCreations

Très rapidement au fil de la saga, Godzilla s’est transformé en monstre gentil, défenseur du Japon et ami des enfants. Il s’humanise et rencontre de nouveaux monstres. Godzilla passe du film catastrophe au film de monstre, d’un cinéma sérieux à un cinéma léger, de divertissement familial. Cela est à mettre en lien avec le redécollage économique du Japon dans les années 1960. Le pays va mieux, et l’heure est à l’optimisme, à la légèreté. Cette évolution peut faire penser que Godzilla est une métaphore des États-Unis, d’abord destructeur puis protecteur du Japon.

Godzilla vs Destroyer. S : tomatazos

Dans les années 1970, la saga sensibilise aux questions écologiques autres que le nucléaire. En effet, tandis que le pays s’ouvre à l’énergie nucléaire, la saga se détourne de cette question pour suivre la montée de la peur de la pollution, notamment dans le film Godzilla vs. Hedora de Yoshimitsu Banno en 1971. La saga s’essouffle dans les années 1970, puis revient en 1984 avec un ton beaucoup plus sérieux et mature, se voulant plus proche du film de 1954. Dans les années 2000, Toho fait des films Godzilla des divertissements extrêmement jouissifs et ambitieux, laissant de côté tout message de fond. Mais tous ces films restent dans l’ombre du film original de Ishirô Honda, et gardent une démarche que l'on pourrait qualifier vulgairement de « nous ne sommes pas dignes ».

Il faut attendre Shin Godzilla en 2016, réalisé par Hideaki Anno et Shinji Higuchi, pour retrouver un film ayant l’ambition du Godzilla de Honda. Le film se veut une satyre de la façon dont le gouvernement japonais a géré la crise de Fukushima. Il illustre la recherche d’autonomie du Japon par rapport aux États-Unis, aussi bien d’un aspect économique que politique, mais aussi culturel, le studio américain Legendary Pictures ayant entamé une saga Godzilla en 2014 rendant hommage aux périodes Showa et Heisei. Avec Shin Godzilla (qui a par ailleurs été le plus gros succès de la saga, aussi bien critique que financier), la Toho prend le contrepied de la démarche de Legendary en produisant un film radicalement différent du reste de la saga, innovant par biens des aspects (mais gardant tout de même la technique du « man in suit » contrairement aux films américains). Le film a été suivi par une trilogie d’animation sur Netflix.

Godzilla est donc une saga qui suit l’histoire avec un grand H du Japon depuis l’après-guerre mais qui a toujours été conservatrice d'un point de vu cinématographique, à l'image de la société japonaise. Cela est en train de changer avec les nouvelles productions de la Toho de l’ère Reiwa. L’avenir de ce monstre de légende s’annonce brillant, alors qu’il a déjà posé une empreinte indélébile dans l’histoire du cinéma.

Shin Godzilla. Source : Flickr, noger chen

 

Pour aller plus loin :

-le film de 1954, édité par HK vidéo en DVD et Blu-ray

-le hors-série n°48 de Mad Movies consacré à la saga

-Ishiro Honda, humanisme monstre, de Fabien Mauro aux éditions Rouge Profond

Voir les commentaires

Rédigé par MDL Aix (Adrien)

Publié dans #Cinéma, #Science-fiction, #Kaiju, #Japon

Repost0

Publié le 23 Février 2020

 

 

Depuis le XVIIIe, Dunkerque connait un évènement étrange, secouant la ville de part en part dans un chahut bruyant et carnavalesque. Oui, nous parlons bien du fameux carnaval de Dunkerque ! 

 

Mais dis-moi, c'est quoi l'histoire du carnaval ? 

Ses origines sont simples, Dunkerque étant une ville de pécheur grâce à sa situation face à la mer et proche de la mer du Nord. Ainsi, depuis le développement de la pêche dans cette région, tous les ans entre Janvier et Mars, les marins pécheurs partaient pour la pêche dans les eaux Islandaises pendant 6 mois et pour cette occasion les armateurs organisaient une grande fête pour leur départ. On appelait cela « la foye ». Cette tradition de la Foye se déroulait alors dans une auberge 

 

Mais au fur et à mesure des années, selon la légende populaire, les armateurs se seraient détournés et les pécheurs eux-mêmes se seraient saisis de cette opportunité pour organiser leur propre départ en sortant dans les rues déguisés avec leur famille comme dernier moment de loisirs avant 6 long mois en mer.  

 

Mais ces origines restent supposées/légendaires, et l’origine du carnaval de Dunkerque serait un mélange effectué au fil des siècles entre le départ des marins en mer et du mardi gras qui précède le Carême dont les deux événements étaient parfois simultanés.  

 

Par la suite, ces traditions de déguisements seraient étendues à toutes les professions de la ville, avant un déclin de cette tradition avec la baisse de la pèche à la morue dans les eaux islandaises. Mais dès le XXe siècle, la municipalité décide de relancer cette tradition qui nous permet aujourd’hui de profiter de l’ambiance et de la magie de ce carnaval tous les ans.

 

Et qu'est-ce qu'on y fait pendant le carnaval ? 

Le Carnaval est un regroupement de plusieurs festivités et traditions.

Tout d’abord, il y a les chapelles. Il s’agit pour les habitants des quartiers concernés par les bals d’ouvrir leurs portes aux carnavaleux, qui peuvent trouver de la bière, de la soupe à l'oignon, des harengs, du poddingue, du potschevleeshe et de la musique, pour une ambiance très conviviale. Pour ne pas se retrouver avec la ville entière dans son salon, il faut souvent connaître un mot de passe pour pouvoir rentrer.

Dans la continuité de celles-ci, on peut y trouver les bals. Les plus connus se déroulent au Kursaal, grande salle de spectacle située à Malo-les-Bains. Le bal est une sorte de grande fête où tous les carnavaleux se réunissent pour s'amuser et se rencontrer, sur des musiques du carnaval. Chaque bal est organisé par une association. Le Carnaval se transmet de génération en génération. Dès leur plus jeune âge, les petits participent au bal enfantin le mercredi après-midi.

 

On a également les bandes qui sont des rassemblements de personnes déguisées qui défilent dans les rues d'une ville ou d'un quartier. (Bray-Dunes, Bergues, Cassel, Pitgam etc.). Ces bandes se composent du tambour-major, de « la clique » (la musique) et des carnavaleux. Le tambour-major est celui qui dirige la musique et choisit le parcours effectué à ce moment. Il s’agit de marcher en chantant les airs traditionnels. Selon les instruments qui jouent, la marche se fait plus rapide ou plus lente. Par exemple, lorsque ce sont les trompettes qui jouent, il y a chahut. 

 

Lors de la bande de Dunkerque, on peut assister à la tradition du jet de harengs. En effet, les carnavaleux s’arrêtent devant l’hôtel de ville où le maire lance des harengs fumés sur la foule.  Historiquement, le lancer de harengs a débuté après la Seconde Guerre mondiale pour fêter la rénovation de la mairie qui a été détruite.

Enfin, le carnaval est l’occasion de laisser libre cours à son imagination. C’est pourquoi les carnavaleux s'amusent à confectionner leur « clet’che » (leur déguisement). Beaucoup choisissent le pagne de paille, le sous-pull noir et se noircissent le visage afin de ressembler aux « zoulous ». Le parapluie multicolore, appelé « berguenaere » a également une place centrale dans le carnaval dunkerquois car ils étaient au départ conçus pour se moquer des paysans qui venaient à la bande munis de leur parapluie.

Le carnaval de Dunkerque possède un grand nombre de chansons traditionnels. Certaines de ses chansons sont des adaptations d'hymnes populaires. Par exemple « l’Hommage au Cô » vient de l'« Amazing Grace ».  Enfin il y a également une part de ces chansons qui ont été créées exprès pour le carnaval. Parmi tous ces chants, on a Les commères d'la rue d'Saint GillesRoul' ta boss', ton père est bossu, etc. Dans ces chants, les paroles sont souvent vulgaires, et totalement folles.

La Cantate à Jean Bart est la chanson la plus connue, c’est pour les Dunkerquois, un véritable « hymne ». Le soir de la Bande de Dunkerque, la foule se retrouve devant la statue de ce héros. À genoux, les bras tendus vers le ciel, ils entonnent celle-ci.

Comme chaque ville du Nord, Dunkerque possède ses géants. Depuis 2000, le Reuze et sa famille défilent pour se fondre dans le décor agité. Reuze est l’un des plus anciens géants. C’est après la Seconde Guerre mondiale qu'il accompagna le carnaval, Il fut rejoint peu après par sa famille, oubliée pendant une cinquantaine d’années au fond d’un bâtiment

Pour le bon fonctionnement de ces véritables festivités, il existe tout un tas de règles et de consignes que vous pouvez également retrouver en cliquant juste ici !

Et c'est quand la prochaine édition ? 

Les festivités reprennent des la mi-janvier, vous pouvez d'ailleurs retrouver le planning des différents événements sur ce site

 

Sarah & Margaux. 

Voir les commentaires

Rédigé par MDL Aix (Sarah et Margaux)

Repost0

Publié le 16 Février 2020

 

Il y a un tas de bonnes raisons de garnir son intérieur de plantes : leur aspect décoratif, leur côté apaisant mais aussi leurs bienfaits sur la qualité de l’air ! En effet certaines plantes d’intérieur ont des vertus dépolluantes et permettent de renouveler l’oxygène.

Pas d’inquiétude si vous n’avez pas la main verte. En fait, il n’y a pas besoin d’avoir de « don » pour garder ses plantes en vie. Il suffit juste d’adapter nos choix de plantes à notre mode de vie et à notre intérieur.

Les plantes ont aussi beaucoup à vous apporter : mis à part leur aspect décoratif, elles vous permettent de développer votre sens de l’observation (il faut comprendre les besoins de chacune). Elles vous apprennent aussi à être patient et persévérant. Les plantes nous donnent des leçons d’humilité : on ne peut pas être parfaits et les erreurs arrivent, mais on s’améliore avec le temps.

 

Alors, convaincus ?

Je vais vous donner toutes les clés pour créer votre jungle d’intérieur.

source : https://www.countrybasketniagara.com/site/blog/2019/01/25/create-your-own-indoor-jungle

source : https://www.countrybasketniagara.com/site/blog/2019/01/25/create-your-own-indoor-jungle

1. Où acheter vos plantes ?

 

Plusieurs possibilités s’offrent à vous, je dirais que le plus simple est de se rendre en jardinerie (par exemple Truffaut), cependant il arrive que les prix soient assez élevés.

Vous pouvez aussi acheter vos plantes dans des marchés aux plantes : il en existe dans grand nombre de ville. Il ne vous reste qu’à trouver les dates et le lieu du marché dans votre ville. Si vous êtes marseillais/e, le marché aux plantes à lieu les samedis matin au Vieux-Port. Les prix sont souvent plus abordables dans les marchés.

La troisième option (qui est ma préférée) est d’aller à des ventes de plantes. Elles ont lieu plusieurs fois par an et dans toute la France (malheureusement, que dans les grandes villes). J’ai déjà assisté à des ventes de Maison Bouture, Plantes Addict et Plantes Pour Tous. Ce que j’aime dans ces ventes, c’est déjà que les prix sont très intéressants, ensuite on y trouve des variétés que l’on ne trouve pas ailleurs. Et enfin, les vendeurs sont toujours très à l’écoute et sauront vous conseiller.

Il est aussi possible de commander des plantes sur internet mais je n’ai jamais testé cette option. Je vous avoue avoir un peu peur de l’état dans lequel arriverait la plante après le transport…

 

2. Conseils généraux

 

Voici quelques petits conseils qui pourront s’adapter à la plupart de vos plantes et leur permettront de rester en vie et bonne santé le plus longtemps possible.

 

 

Mieux vaut pas assez d’eau que trop. Un excès d’arrosage peut être fatal pour une plante, car ses racines pourraient pourrir.

 

Le rempotage se fait au printemps ou en été. Dans la saison froide, la plante se met au repos alors l’apport en nutriments pourrait la perturber. Bien-sûr il existe des cas particuliers : si votre plante a les racines qui sortent beaucoup du pot, vous pouvez la rempotez. Aussi, si votre plante va très mal, vous pouvez la rempoter pour la sauver.

 

Lors d’un rempotage, je vous conseille d’utiliser des pots en terre cuite car ils permettent à la plante d’être plus aérée. Il est aussi important que le dessous du pot soit percé pour ne pas laisser d’eau stagner (cela ferait pourrir les racines).

 

Il est nécessaire de nettoyer les feuilles de vos plantes, c’est ce qui leur permet de faire la photosynthèse (qui leur est vitale). Vous pouvez les essuyer avec un tissu microfibre ou alors directement les doucher (utilisez une eau tiède et à faible pression).

 

La plante n’a pas les mêmes besoins en période de croissance (saison chaude) qu’en période de végétation (saison froide). Par exemple, il faudra moins arroser et cesser tout apport d’engrais pendant la période de végétation.

 

Et enfin, il est important de bien connaitre les besoins de chaque plantes (arrosage, luminosité, substrat). Il existe plusieurs sites internet qui permettent de trouver ces informations facilement (je joindrai plusieurs liens à la fin de cet article).

3. Choisir sa plante

 

Je vais maintenant vous aider à choisir vos nouveaux colocataires à feuilles selon votre intérieur et vos habitudes. J’ai fait une sélection de trois plantes par catégories, toutes ces plantes sont très simples d’entretien.

 

Si vous oubliez souvent l’arrosage :

Les cactus et les plantes grasses peuvent être de bons candidats pour vous ! il faudra juste penser à leur donner beaucoup de lumière.

Voici trois plantes que j’aime beaucoup et qui vous pardonneront vos oublis :

Créer sa jungle d'intérieur

L’aloe vera

L’aloe vera est peu exigeant en eau : en été, il faut l’arroser lorsque le sol est bien sec et en hiver vous pouvez même l’oublier pendant un mois ! C’est une plante qui a besoin de chaleur et de luminosité (mais sans soleil direct). Il pourra alors se plaire derrière vos fenêtres.

Créer sa jungle d'intérieur Créer sa jungle d'intérieur

Le dracaena, aussi appelé dragonnier

Il en existe plusieurs sortes différentes, le mien est un dracaena fragrans. Comme l’aloe vera, le dracaena adore la chaleur et la lumière. Lui aussi vous pardonnera vous oublis d’arrosage ; d’ailleurs un excès d’eau pourrait vite lui être fatal.

 C’est une plante assez simple mais ses feuilles rayées sont très décoratives.

Créer sa jungle d'intérieur

Le sanseveria, aussi appelé langue de belle mère

J’adore ses longues feuilles que je trouve très élégantes. En plus d’être beau, le sanseveria est très robuste : il s’adaptera facilement à vos intérieurs et ne demandera pas beaucoup d’arrosage.

 

Si votre intérieur est peu lumineux :

A mon grand désespoir, c’est mon cas. Avec une maison exposée plein nord, il m’est parfois difficile de garder certaines plantes par manque de lumière. Si c’est aussi votre cas, sachez qu’il existe des plantes qui s’acclimate facilement dans une pièce relativement sombre !

Créer sa jungle d'intérieur

Le maranta

C’est une plante qui a un feuillage très ornemental et graphique. Comme dit précédemment, c’est une plante qui tolère mal la lumière et se plaira plus à l’ombre. Au niveau de l’arrosage, le maranta a besoin d’un arrosage hebdomadaire en hiver, et plusieurs par semaine en été. Il a besoin d’une bonne hygrométrie : il faut l’humidifier fréquemment.

Créer sa jungle d'intérieur

Le zamioculcas zamiifolia, aussi appelé plante ZZ

Le zamioculcas est LA plante increvable. Il se porte bien à l’ombre et n’a pas beaucoup besoin d’eau. Si vous pensez être un tueur de plantes, achetez un ZZ, il vous résistera !

Créer sa jungle d'intérieur

Les fougères

Elles se plaisent à l’ombre et ont besoin de plusieurs arrosages hebdomadaires. Il existe plusieurs dizaines de variétés de fougères, la mienne est une asplenium nidus (aussi appelée fougère nid d’oiseau).

Si vous cherchez des plantes à croissance rapide :

La patience n’est pas votre fort et vous cherchez une plante qui grandit vite ? j’ai ce qu’il vous faut !

source : https://jardinierparesseux.com/tag/misere-plante/

source : https://jardinierparesseux.com/tag/misere-plante/

Le tradescantia, aussi appelée misère

La misère est une plante très simple d’entretien : elle s’acclimate facilement à votre intérieur et se contente d’un arrosage hebdomadaire. Mais surtout : elle pousse très vite ! Ses tiges deviennent très longues, vous pouvez alors la suspendre mais aussi la bouturer très facilement. Coupez une tige, mettez la dans un verre d’eau, et dans quelques jours, des racines pointeront le bout de leur nez ! Il ne restera plus qu’à mettre vos boutures en terre. Elle devient vite envahissante, alors il ne faut pas hésiter à lui donner une nouvelle coupe de cheveux ! (la mienne est d’ailleurs tellement grosse que je n’ai pas pu la soulever pour la prendre en photo…).

Créer sa jungle d'intérieur

Le pothos

Voilà encore une plante dont les tiges deviennent très longues, certains les suspendent même le long de leurs murs ! c’est une plate très simple d’entretien qui a demande une bonne luminosité mais peu d’eau.

Créer sa jungle d'intérieur Créer sa jungle d'intérieur

Le monstera deliciosa 

Le monstera est une plante très décorative avec ses larges feuilles perforées. Il donne un côté tropical à votre intérieur. Il supporte très mal le soleil direct et peut vivre avec une lumière tamisée. Au niveau de l’arrosage, le monstera a besoin d’eau lorsque son substrat est sec, il aime aussi l’humidité, alors il faudra le vaporiser.

Et enfin, je vous propose un petit bonus bien de saison…. Le cactus de Noël, avec ses magnifiques fleurs roses. Il est un peu plus compliqué d’entretien que les plantes précédemment présentées, mais il en vaut le coup !

Créer sa jungle d'intérieur Créer sa jungle d'intérieur

J’espère que grâce à cet article, vous sauterez le pas et irez adopter une plante. Merci de m’avoir lue ! blush

 

Kathia 

 

Voici quelques sites à explorer pour en apprendre plus sur l’entretien de vos plantes :

Voir les commentaires

Rédigé par MDL Aix Kathia

Repost0

Publié le 9 Février 2020

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

On a tous au moins une fois prononcé cette fameuse phrase, « Esprit, es-tu là ? ». Mais saviez-vous qu'en vérité les esprits ne sont pas si loin de nous ? D'après les légendes japonaises, ils nous attendent à chaque coin de rue...

Les yōkai, ces esprits farceurs

 

Le mot yōkai est constitué du kanji : Yo (妖) (qui signifie « attirant », « ensorcelant » ou « calamité »), et du kanji Kai (怪) (qui signifie « apparition », « mystère », « méfiant »). Yōkai possède plusieurs synonymes dans le dialecte japonais comme « ayakashi », « mononoke » ou encore « mamono ».

Les yōkai sont des esprits malfaisants, farceurs, qui apportent le mauvais œil, et c'est ce qui les différencie des kamis. Leur nature fait que les japonais les relient à tous les phénomènes étranges et non-expliqués qui jalonnent leur vie. Si vous n'avez plus le moral, ou que vous perdez vos affaires, ce n'est pas que vous êtes tête-en-l'air, mais qu'un yōkai a décidé de vous embêter.

Les yōkai prennent des formes variées, et ont diverses natures : ils peuvent être des animaux, des objets ayant pris vie après 100 ans d’existence, des ogres, et bien d'autres formes fantastiques.

Au fil des siècles, les japonais les ont classés en six grandes familles : les animaux, les Oni, les Tengu, les Tsukumogami, les transformations d’humains, et les « autres ».

La famille la plus représentée est celle des Animaux, dont les plus célèbres sont le tanuki, le kitsune (renard à neuf queues), la bakeneko (monstre à l'allure d'un félin), ou encore le hebi (un serpent).

Le Yōkai World !

L'apprentissage de leur existence fut apportée par un livre de la Chine qui parlait d'un « Mononoke » situé dans la chambre impériale. En conséquence, un protocole d'exorcisme a été créé. La superstition pris le relais et gagna en ampleur : de nombreux ouvrages virent le jour, décrivant et nommant les yōkai et leurs rôles dans nos vies.

C'est pendant l'ère Edo (correspondant au XVIIe siècle en Europe) que les yokai sont devenus populaires et familiers à la population par le biais des temples qui leurs sont consacrés et le Hyakumonogatari Kaidanka, un jeu oral qui a conduit à la création de nouveaux yōkai et de leurs familles. Ils devinrent tellement communs que la population commença à en considérer quelques uns comme bienveillants.

L'exorcisme en six leçons

 

Vous êtes envoutés par un esprit et vous souhaitez vous en délivrer ? Voilà six leçons qui vous permettront de rester maître de votre âme, si vous êtes prêts à prendre des risques...

Leçon n°1 : Ne JAMAIS braver les interdits ! (il y a au Japon une sorte de précepte qui dit qu’il ne faut pas sortir à une certaine heure de la nuit).

Leçon n°2 : Les vaincre en suivant les conseils d’un maître du Yin et du Yang.

Leçon n°3 : Les vaincre grâce à une aide divine.

Leçon n°4 : Les vaincre par la force morale.

Leçon n°5 : Les vaincre par la ruse et la force.

Leçon n°6 : l’art de chasser les yōkai par des pets.

La renaissance des yōkai

 

Après une période d'âge sombre due à l'évolution de la science et des technologies, les yōkai sont revenus en force à partir des années 90 grâce aux animés, aux mangas aux films mais aussi aux jeux vidéo.

Très médiatisés, aujourd'hui les yōkai « classiques », car issus des vieux contes et légendes gardent une place importante. Cependant, de nombreux scénaristes et auteurs se mettent à inventer de nouveaux yōkai. leur création est signe d'une imagination fertile et d'un esprit novateur.

Mais où se cachent-ils... ?

 

Dans les jeux vidéo; les yōkai sont les personnages phares de deux séries différentes :

Touhou Project qui se joue sur PC met en scène un monde imaginaire : le Gensokyo. Dans celui-ci, une communauté combat les yōkai à l'écart de la civilisation humaine afin d'empêcher ces esprits malfaisants de s'en prendre à elle.

Et Yōkai Watch qui se joue sur les consoles Nintendo. Ce jeu nous plonge dans le quotidien d'un jeune héros ou d'une jeune héroïne (au choix) qui, découvrant l'existence de ces esprits farceurs, va essayer de contrecarrer leurs mauvais tours en devenant leur ami(e).

Yōkai Watch

100% orienté sur la découverte du folklore japonais, le joueur explore les nombreuses et étranges cachettes des yōkai tels qu'une forêt derrière un temple, un vieil hôpital abandonné ou encore une école en pleine nuit. Il aura même l'opportunité de rentrer dans le Yōkai World ! Les croyances locales sont au rendez-vous avec les différentes manières de s'en débarrasser ou de les amadouer. Le joueur peut avoir recours au combat avec des esprits alliés pour les chasser ou devenir leur ami en résolvant leur problèmes et en leur donnant leur nourriture préférée!

Prenons l'exemple du Kappa : cette créature deviendra votre ami dans le jeu si vous lui donnez un concombre. rejoignant donc la superstition où les japonais doivent déposer des assiettes de concombres le long des fleuves afin d'éviter de se faire dévorer le soir par ces créatures. Étant destiné aux enfants, leur design a été retravaillé pour être mieux adapté. Et ça se voit ! Qui pourrait se dire qu'un si mignon petit Kappa dans le jeu

le Kappa

ressemble à ÇA dans les légendes !

le véritable Kappa

Un conseil : pour vendre plus, mieux vaut éviter de traumatiser les enfants.

Dans les mangas, les yōkai font très souvent des apparitions.

Un yōkai dans Le Voyage de Chihiro

Mais il y a tellement à dire, que cela prendrait des pages... et des pages... Nous allons donc être concis !

Ils peuvent être des personnages secondaires ou principaux, qui jouent un grand rôle dans l'histoire.

Dans Noragami, nous voyons apparaître des Ayakashi, qui sont des esprits malveillants nés des émotions négatives des êtres humains. (À noter que le mot Ayakashi désigne plus généralement les Yōkai qui apparaissent au bord de l’eau). Un humain influencé par les émotions négatives d’un Ayakashi perd alors le contrôle, et passe du « côté obscur ». Peu importe la forme de l’Ayakashi, leurs intentions sont toujours malveillantes.

Un yōkai dans Noragami

Dans la littérature japonaise, les esprits se cachent aussi entre les lignes et aux détours des mots.

La plupart des histoires sur les esprits sont issus des contes de l'ère Edo. Ils sont regroupés dans ce que les japonais appellent communément les kaidans. Du fait de l'étymologie du mot, c'est un terme qui fait référence aux recueils d'histoires paranormales ou d'horreurs. Nous y retrouvons donc énormément d'histoires sur les fantômes, les revenants et autres esprits. Pour en savoir plus sur ce type d'ouvrage littéraire, vous pouvez lire un article bien explicatif sur le Journal du Japon.

Des contes...

Si vous souhaitez lire des contes sur les yōkai, nous vous recommandons Contes de pluie et de lune d'Ueda Akinari, publié en France par Gallimard. Cet ouvrage est considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature classique japonaise. Regroupant neuf contes, ce livre offre une lecture philosophique et cherche à créer une réflexion sur des thématiques de la vie courante  tels que l'argent, la nature...

Dans l'animation, les yokai font aussi de nombreuses apparitions

En particulier dans l'univers créé par Hayao Miyasaki et le studio Ghibli, ils prennent des formes variés, et certains sont très connus aujourd'hui.

Les sylvains

Dans Princesse Mononoke (la Princesse des esprits vengeurs), film d’animation d'Hayao Miyasaki, on retrouve de nombreux yōkai. Le plus représenté est le kodama (« esprit de l’arbre »), c’est un esprit vivant dans un arbre, et qui peut prendre des formes très variées. Il a été rebaptisé « sylvain » pour le doublage français, et il prend la forme de petits humanoïdes. Ils ont une sorte de masque et des yeux entièrement noirs. Si la forêt va bien, on peut les apercevoir, mais ils disparaissent si la forêt commence à dépérir.

Si vous voulez en apprendre plus sur les yōkai, vous pouvez vous rendre ici

Voir les commentaires

Rédigé par MDLAix (Farah D. et Léa H.)

Repost0

Publié le 2 Février 2020

Il était une fois...

Chaque conte commence par une chute dans le noir. Personne ne sait vraiment où nous sommes en train de tomber, ni quelle forme sera la nôtre dans le monde qui va nous accueillir. Surtout, personne ne sait comment et de quelle manière nous serons transformés par ce voyage .
Francesca Serra

Les contes ont bercé notre enfance. Alors que les contes d’aujourd’hui sont connus de tous, bercent les rêves des enfants et ravivent les souvenirs des plus vieux, sont-ils réellement ce qu’ils essayent de vous faire croire ? Mais qu’est-ce qu’un conte ? D’où viennent-ils ? Si vous voulez y voir un peu plus clair, vous êtes au bon endroit.

Qu’est-ce qu’un conte ?

 

Selon le dictionnaire Larousse, il s’agit d’un « récit, en général assez court, de faits imaginaires ». Cela ne nous avance pas trop.

Lorsqu’on pense aux contes, on pense aux contes merveilleux, aux contes de fées ce qui se sont fait connaitre au xviie siècle par des auteurs comme Charles Perrault ou plus tard par les frères Grimm. Le conte merveilleux est le tout premier genre apparu et il donnera naissance à d’autres types de contes comme les mythes, les légendes, les contes moraux ou encore les contes modernes.

Pour reconnaître un conte, c’est simple : il répond à des critères très spécifiques : structures, sujet, personnages. Il y a des récurrences dans tous les contes et c’est aussi pourquoi on peut trouver différentes versions d’un même conte avec des noms de personnage et de lieux différents.

En effet, le plus important dans un conte ce n’est pas que le personnage s’appelle d’une certaine façon ou encore qu’il lui arrive telle ou telle péripétie. Le plus important dans un conte c’est la situation d’un personnage, la façon dont il y fait face et la morale de l’histoire. Le tout bien défini par des normes très strictes.

 

Vladimir Propp auteur de Morphologie du conte, nous donne des clefs pour comprendre la structure d’un conte. 

En soi, il y a toujours un schéma identifiable, des personnages en petits nombres « bon » ou « mauvais » qui ont des fonctions bien définies. Mais il ne faut pas réduire le conte à sa structure pure, il s’agit d’un court récit fictif qui pose un regard sur nos sociétés par le biais du merveilleux.

Origines des contes

 

Le mot « conte » vient du latin « computare », qui a le sens de « énumérer, raconter des faits » : c’était à l’origine une tradition orale.

Les premières traces écrites datent du xiiie siècle av. J- C. : il s’agit d’un conte égyptien écrit sur un morceau de papyrus et qui s’appelle Les deux frères

Fragment du papyrus d’Orbiney sur lequel se trouve le conte des Deux Frères

 

Bien que ce conte égyptien reste assez méconnu, ce n’est pas forcément le cas pour d’autres contes très anciens : Les Mille et Une nuits, contes arabes connus dans le monde entier datent de 2000-1000 av. J.-C.

Cependant, il est important de savoir que si des contes anciens sont connus aujourd’hui c’est grâce à quelques auteurs qui les ont remis au goût du jour pendant l’histoire

En France, au xviie siècle, c’est Charles Perrault qui donne ses lettres de noblesse aux contes merveilleux. En effet, bien que de nombreux contes soient déjà publiés à cette époque, notamment par Mme d’Aulnoy, il faut attendre les Contes de ma Mère l’Oye, publiés en 1697 par Charles Perrault pour voir le genre littéraire du conte merveilleux devenir « à la mode ».

 

De l’oralité à l’écrit, les contes ont beaucoup évolué. Nous pouvons prendre pour exemple le conte du petit chaperon rouge.

Tout le monde connait l’histoire de la petite fille au chaperon rouge qui va porter du pain à sa grand-mère, tout le monde sait qu’elle croise un loup et que ce loup va manger la grand-mère et prendre la place de celle-ci. Tout le monde connait la réplique « oh que vous avez de grandes dents ».

 

Il y a pourtant une version orale du conte, Le Conte de la mère-grand qui est une variante du Petit Chaperon rouge recueillie par le folkloriste Achille Millien (1838-1927), bien différente et surtout bien plus sanglante et violente que toutes celles que l’on connait, c’est la version du conte oral.

Ce conte a ensuite été réécrit par Charles Perrault. Il s’agissait d’un conte destiné aux jeunes filles, leur disant de faire bien attention au loup. Il y avait dans les contes un message éducatif et souvent une morale :

 

MORALITÉ
On voit ici que de jeunes enfants,
Surtout de jeunes filles
Belles, bien faites, et gentilles,
Font très mal d’écouter toute sorte de gens,
Et que ce n’est pas chose étrange,
S’il en est tant que le Loup mange.
Je dis le Loup, car tous les Loups
Ne sont pas de la même sorte ;
Il en est d’une humeur accorte,
Sans bruit, sans fiel et sans courroux,
Qui privés, complaisants et doux,
Suivent les jeunes Demoiselles
Jusque dans les maisons, jusque dans les ruelles ;
Mais hélas ! qui ne sait que ces Loups doucereux,
De tous les Loups sont les plus dangereux.

On est donc bien loin des fins heureuses avec beaucoup d’enfants que l’on a l’habitude de voir de nos jours.

L’évolution des contes

 

Aujourd’hui les contes sont très connus, autant des enfants que des adultes et sont ancrés dans beaucoup de cultures à l’international. On doit cette reconnaissance mondiale à un homme en particulier : Walter Elias Disney.

En effet, il est le fondateur des studios de cinéma d’animation très connus et de son vivant, il commença déjà à réadapter des contes classiques en contes modernes : Blanche neige et les sept nains ou encore la Belle au Bois Dormant.

Même après sa mort, le studio continuera de s’inspirer de contes classiques pour produire des films d’animations pour enfants.

Pourtant, ces contes ne ressemblent en rien aux contes originaux : Blanche neige n’a plus sept ans, c’est un simple baiser qui réveille la Belle au Bois dormant et non pas ses enfants qui la tètent après qu’elle a été violée, et la Petite Sirène finie par vivre avec le Prince.

Version édulcorée des contes originaux, les contes modernes sont pensés pour un public différent, pour un temps différent. En effet, les contes ne servent plus à prévenir les enfants du danger du monde extérieur, mais à les soustraire de ce même monde pour les plonger dans des histoires féériques remplies de fins heureuses et de morales bien souvent évincées.

Nous vous invitons donc à redécouvrir les contes de votre enfance, d’autant plus qu’ils sont libres de droit et donc accessible en ligne gratuitement.

Allez voir ceux des frères Grimm et ceux de Charles Perrault pour commencer !

 

Lucile et Warwara 

Voir les commentaires

Rédigé par MDL Aix (Warwara et Lucile)

Repost0

Publié le 26 Janvier 2020

http://Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

En cette période hivernale, il n'y a rien de mieux que de rester chez soi, de se préparer une tasse de notre boisson chaude favorite, de contempler l'extérieur, tout en écoutant une musique douce et apaisante, qui nous plonge dans une nostalgie et refait remonter à la surface nos souvenirs d'antan... Aujourd'hui le meilleur moyen de recréer cette atmosphère se trouve dans la Lofi.

https://www.google.com/url?sa=i&source=images&cd=&ved=2ahUKEwiSrLaOitTmAhX6A2MBHWDMD2oQjRx6BAgBEAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DtgI6PjEq0O8&psig=AOvVaw1vDKZoTxdq7nsGbl4q6PnY&ust=1577475762472557

https://www.google.com/url?sa=i&source=images&cd=&ved=2ahUKEwiSrLaOitTmAhX6A2MBHWDMD2oQjRx6BAgBEAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DtgI6PjEq0O8&psig=AOvVaw1vDKZoTxdq7nsGbl4q6PnY&ust=1577475762472557

Qu'est-ce que le Lofi ?

 

"La Lofi", ou bien "le Lofi", ou encore "Low Fidelity" est un mouvement musical qui est apparu il y a quelques années dans le monde du hip-hop contemporain, est vise à recréer l'atmosphère que peut créer l'écoute d'un vieux vinyle ou d'une cassette, combinée à des instrumentales lentes et plutôt mélancolique. Le terme "Lofi" fut utilisé tout d'abord pour caractériser les musiques de rock, de punk ou bien aussi de black métal, mal enregistrées, avec des micros de mauvaise qualité, souvent par manque de moyens financiers et matériels. Mais aujourd'hui, cet aspect de musique mal enregistrée, est devenu un genre de plus en plus populaire dans le hip-hop, aussi bien que chez le public que chez les artistes. La musique hip-hop Lofi est idéale pour créer une atmosphère mélancolique et s'écoute le plus souvent en musique de fond, en étudiant, en dormant. Et cette atmosphère inspire des artistes, des "rappeurs", qui écrivent des textes sur des instrumentales Lofi surtout aux États-Unis, avec un artiste tel que XXXTentacion, le japonais Joji, ou en France avec Tsew The Kid.

Comment faire du hip-hop Lofi ?

 

Une instrumentale Lofi est plutôt simple à élaborer. Il s'agit en général d'un sample qui vient principalement du jazz sur lequel on vient disposer une rythmique lente. L'utilisation de sample de musque de jazz dans le hip-hop est très fréquente et pas que dans le mouvement Lofi, même si ce mouvement fait de cette particularité le socle de la plupart des musiques Lofi, notamment depuis que le DJ japonais Nujabes au début des années 2000 a commencé à remixer des sample de jazz. Nujabes est un précurseur de la musique Lofi, en étant tout d'abord à la création du mouvement Chillhop, c'est-à-dire des instrumentales "chill" (calme, réposante) de hip-hop, qui donnera naissance à la catégorie Lofi.

Nujabes a apporté une influence japonaise à ce mouvement musical hip-hop, et certains artistes ont donc décidé, d'en plus sampler la musique jazz, de sampler des extraits de bandes sons d'animés japonais ou de films de studio Ghibli. Les producteurs de Lofi, vont alors utiliser ces extraits, ajouter une partie rythmique, mais aussi dégrader le son en incorporant des filtres, ainsi que des "glitches", des bruitages de pluie ou de vinyle.

Arrangement Lofi de "Howl's Moving Castle" de Joe Hisaishi (1986) réalisateur de la bande originale du film d'animation "Le Château dans le ciel" de Hayao Miyazaki (source: Youtube.com)

Le Lofi est surtout une musique que l'on peut écouter pendant plusieurs heures, d'ailleurs sur Youtube le nombre de playlists Lofi ne cesse de s'accroître. On n'écoute de la Lofi comme musique de fond, en lisant un livre par exemple, profitant de son côté relaxant dû notamment au rythme très lent proposé par ces musiques qui ne dépassent pas les 80 BPM (battements par minute), et aussi car ces morceaux sont simples, répétitifs, et ne sont pas souvent accompagnés de paroles. Ainsi, ces sons nous permettent de nous plonger dans un état de nostalgie, un état de tristesse mais également de bien-être et agréable à la fois, amené par l'aspect "ancien" des bruitages de vinyles par exemple, et mélancolique grâce aux samples utilisées, des instrumentales Lofi.

Playlist de musique Lofi, par thebootlegboy (via Youtube)

Le Lofi et le rap actuel

 

Dans le rap, la production de musique hip-hop Lofi ce fait surtout sur la plateforme de distribution audio en ligne, SoundCloud, qui concentre une grand communauté de producteurs de musique Lofi et de rappeurs voulant s'essayer à rapper sur des instrumentales Lofi. C'est le cas du regretté XXXTentacion, décédé en 2018 à 20 ans, qui avait sorti trois chansons en collaboration avec le producteur de musique Lofi, Potsu, à l'occasion de son premier album sorti en 2017, 17. Parmi ces trois instrumentales, on retrouve l'énorme succès que fut le titre Jocelyn Flores qui lança la carrière du rappeur floridien et la démocratisation du hip-hop Lofi dans le rap. Les "rappeurs Lofi" fondent leurs textes pour qu'ils soient en accord avec l'ambiance de la musique, c'est-à-dire qu'ils vont aborder des thèmes comme la tristesse, la mélancolie, les souvenirs, le passé, les regrets ou bien les ruptures amoureuses un thème que l'on retrouve dans le morceau Yeah Right du rappeur australo-japonais, Joji.

"Jocelyn Flores" - XXXTentacion (2017, via Youtube)

"Yeah Right" - Joji (2018, via Youtube)

Ces rappeurs et ces producteurs Lofi vont permettre de rendre agréable des sentiments tristes et dépressifs, ce qui est propre à la nostalgie, et cette musique, ce rap, ces sonorités, ces thèmes, ces paroles permettent de trouver du positif dans la tristesse.

Noé R.

Voir les commentaires

Rédigé par MDL Aix (Noé)

Repost0

Publié le 19 Janvier 2020

Exposition d'Art Naïf au Musée Maillol

I- Le Musée Maillol et l’art Naïf

Le Musée Maillol est un musée d’art parisien (situé dans le 7ème arrondissement) qui fut créé en 1995 par Dina Vierny en honneur du sculpteur Aristide Maillol, dont elle fut la muse pendant des années. Ce musée, et la fondation dont il fait partie, sont privés. 

 

Cette exposition intitulée « Du Douanier Rousseau à Séraphine » qui a lieu du 11 septembre 2019 au 23 Février 2020 est entièrement consacrée à l’art dit « Naïf ». Pour cette forme de peinture je ne pense pas qu’on puisse réellement parler de courant artistique, mais plus d’un ensemble de peintres. Il prend majoritairement lieu dans l’entre-deux guerres et se caractérise par une volonté de ces peintres à ne pas respecter -sciemment ou pas- les règles académiques de la peinture : les formes et éléments des tableaux ne respectent pas vraiment les règles de perspective, les couleurs souvent vibrantes et appliquées par aplats, quelque soit le plan du tableau et puis l’impressionnante minutie apportée aux détails, encore une fois quelque soit le plan sur lequel ils se situent. 

L’ensemble donne une impression ingénue, voire enfantine : de là vient l’appellation de peinture « Naïve ». Premièrement attribuée aux peintures du Douanier Rousseau au XIXème siècle, il fut popularisé par le critique d’art et collectionneur allemand Wilhelm Uhde au début du XXème siècle.  

Pour cette exposition les œuvres ont été amenées de partout dans le monde, malgré qu’une partie vienne directement de la collection personnelle de Dina Vierny qui fut une des principales personnalités à soutenir ces peintres, aux côtés d’autres comme André Breton, Picasso, Le Corbusier… Ce lien important justifie donc la volonté du Musée Maillol à mettre en avant ces artistes quelque peu tombés dans l’oubli aujourd’hui.

II-Les thèmes des artistes naïf, illustrés par Jean Eve

Malgré que les artistes de cet ensemble n’aient pas de programme commun ou de concertation quelconque, ils vont tout de même travailler sur des thèmes proches, voire similaires. J’ai choisi d’illustrer cela via un artiste peu connu, mais qui m’a interpellé : Jean Eve.

 

 

Premièrement : le Sacré-cœur. Cette basilique qui a interpellé tant d’artistes et d’écrivains au cours de l’histoire. Elle a été ici peinte de face par Jean Eve, avec une minutie perturbante : en regardant le tableau nous avons cette impression étrange de regarder un bâtiment immense au microscope. Les tons blancs et bleus qui vont contraster avec la pelouse d’un vert impactant : nous avons là un bel exemple de ce que fut la peinture Naïve.

Le Musée a décidé de mettre ce tableau à côté de deux autres Sacré-cœurs : celles de Louis Vivin qui va pousser le détail et la précision encore plus loin avec ses tableaux en poupées russes : plus on les contemple, plus on découvre de détails et plus le tableau dans sa globalité nous semble insaisissable.

 

 

L’autoportrait : exercice de peinture réalisé par la quasi-totalité des peintres depuis des siècles, et les peintres naïfs n’y échappent pas. Ici Jean Eve va se peindre en train de peindre, une sorte de mise en abyme encore plus prononcée par le style uniforme de tout le tableau : la fenêtre sur l’extérieur se confond avec le paysage du tableau, la palette avec le chemin et le chevalet… Les nuances sont rares, les lignes abruptes et l’impression irréelle. 

 

 

Mais le thème de prédilection de Jean Eve est la nature: On peut le voir avec cette toile Sèvres, l’Allée de marronniers, qui fut grandement inspirée par une peinture du Douanier Rousseau Allée au parc de Saint-Cloud. On retrouve ici le coup de pinceau du peintre avec les mêmes tons de couleurs, entre verts et marrons avec une touche de couleur claire. Le détail apporté au feuillage, à l’herbe, aux troncs et même au sol confère à la dévotion. Jean Eve n’avait qu’un souci quand il peignait la nature : la rendre la plus réelle possible.

 

« La nature n’a pas besoin de nous pour fabriquer, sans s’arrêter jamais, des images pleines d’harmonie »

- Jean Eve 

III- Natures mortes

Jean Eve a également peint des natures mortes comme on peut le voir avec sa Nature morte aux huîtres, mais il me semble intéressant de consacrer une partie entière à ce thème tant la diversité des propositions artistiques ne peuvent être résumés par un seul peintre.

Ces quatre tableaux peints par Louis Vivin et Dominique Peyronnet en sont un bon exemple : on y retrouve les caractéristiques de la peinture Naïve avec les couleurs vives, les aplats, la perspective pas franchement respectée, les formes peu nuancées…

Néanmoins, pour moi, le plus étonnant tableau de cette partie reste la Nature morte au homard de Camille Bombois. Ce tableau est une explosion de couleurs qui rivalisent de vivacité. Aucune partie du tableau n’est épargnée et notre regard ne comprend pas où il censé se focaliser, cela rend ce tableau quelque peu fascinant avec quelque chose de légèrement comique qui va se nicher dans le regard du homard et l’impression d’avoir été transportée dans un autre monde.

 

IV- La mer de Dominique Peyronnet

Ce que Jean Eve est à la nature, Dominique Peyronnet l’est à la mer. Bauchant aurait également pu illustrer ce thème mais ce ne sont pas ses tableaux qui m’ont le plus marqué lors de ma visite : Peyronnet a ce travail de la mer et des vagues qui nous fait constamment hésiter entre lame de roche et mousseline. Sa baigneuse placée au centre des trois tableaux semble exister dans les deux autres, comme partie inhérente du paysage maritime.

Les couleurs sont proches, dans les mêmes tons pour la plupart ; néanmoins le contraste n’en est pas moins saisissant : il est présent entre la crête effilée des vagues et la douce rondeur des nuages, la monotonie de l’horizon et ces rochers aléatoires sur la berge, entre les tons chauds de la terre et les tons froids du ciel et de l’eau…

On peut presque sentir le vent piquant du large venir fouetter nos joues en regardant ces paysages d'eaux et de terres. 

 

 

V- Mon coup de cœur

Dans mes coups je pourrais placer les tableaux maritimes de Peyronnet qui sont une bouffée d’air frais entre homards et portraits colorés.
Il y a également l’Allée de marronniers de Jean Eve qui m’a fascinée. Les fleurs de Séraphine Louis que je ne peux que vous recommander, mais dont je n’ai malheureusement pas pu parler ici.

Mais puisqu’il faut choisir, je dédie cette dernière partie au tableau qui m’est resté le plus longtemps en tête, hantant mes pensées : Vase avec fleurs des champs de Camille Bombois.
Les couleurs sont toujours aussi éclatantes, entre rouges, jaunes et bleus se détachant sur un fond d’un noir tranchant. Un équilibre précaire s’en détache, entre les couleurs, la composition, les fleurs… cet équilibre qui nous situe à la limite entre le fouillis d’un bouquet d’enfant et la structure rigoureuse du bouquet d’un fleuriste.
Je pourrais disserter encore longuement sur ce tableau floral dont je n’ai pas encore fini d’explorer les détails, symboliques, compositions… Mais je vais juste vous laisser l’apprécier ici-bas, et vous en faire votre propre idée.

 

 

Quand je suis rentré au Musée Maillol en ce Lundi de novembre je n’avais qu’une vague idée de ce qu’était l’art Naïf. Une heure trente plus tard je ressortais avec l’impression que ma perception de la peinture vacillait sur ses fondations… et au fond de ma tête cette question obsédante qui se répétait : au final l’art naïf est-ce des enfants géniaux qui peignent ou les peintures de génies enfantins ?

 

<a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/"><img alt="Licence Creative Commons" style="border-width:0" src="https://i.creativecommons.org/l/by-nc/4.0/88x31.png" /></a><br />Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la <a rel="license" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/">Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International</a>.

Voir les commentaires

Rédigé par MDL Aix (Mila)

Repost0

Publié le 12 Janvier 2020

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

            La comédie musicale est d’après l’encyclopédie Larousse « une forme de spectacle qui reprend les structures narratives de l'opéra et de l'opérette en présentant au public des fictions où les personnages passent (en général) naturellement de l'expression réaliste à un univers onirique où tout devient possible en danses et en chansons[1] »

 

            Les comédies musicales sont la jonction entre les différents arts. En effet, c’est le mélange entre musique, danse, chant et jeu. Il faut donc trouver l’équilibre parfait entre eux pour donner la meilleure représentation. Cet équilibre s'est fait progressivement avec malheureusement des flops mais dont sont ressorties des leçons qui ont aidé les artistes suivant à s'améliorer. 

 

            Lorsque l’on entend « comédie musicale » on pense tout d’abord à Broadway et à ses grands noms tel que West Side Story (1957) de Leonard Bernstein ou encore Cats (1981) de Andrey Lloyd Weber, joué près de 9 000 fois depuis bientôt 40 ans. En effet, Broadway est devenu le berceau des comédies musicales ainsi que du théâtre mais pourtant rien ne pouvait prédire que ce lieu malfamé où seuls les artistes sans le sou immigrés d’Europe, deviendrait le lieu à la mode. 

Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui

            La première pièce de théâtre considérée comme à l’origine de la conception moderne de la comédie musicale fut The Black Crook, en 1866 de Charles M. Barras. Cette pièce fut un changement majeur dans la création artistique puisqu’auparavant les comédiens ne dansaient ni ne chantaient pas, laissant ces parties aux danseurs et chanteurs. Grâce à The Black Crook les reprises ou créations musicales ainsi que les danses sont réalisées par les acteurs eux-mêmes et sont incorporées à la pièce. Alors que les pièces précédentes atteignaient rarement les 100 représentations, la pièce, malgré ses cinq heures de spectacles, fut représentée 475 fois et donnée à guichets fermés, rapportant plus d’un million de dollars.

 

            Oscar Hammerstein achève sa révolution artistique avec Oklahoma! (1943), en intégrant une intrigue cohérente et des danses qui font avancer l’intrigue. Pour la première fois, l'intrigue comporte une dimension dramatique traitée comme telle sur scène. Ce musical renverse les codes établis, recueille des critiques élogieuses et gagne un prix Pulitzer. C’est le premier "blockbuster" sur Broadway avec 2 212 représentations. Avant Oklahoma!les paroliers sont des auteurs de chansons ; désormais, ce sont des dramaturges.

 

            Face à ce succès, les producteurs décident de développer ce nouveau genre et font représenter plus de 200 pièces et comédies musicales au cours des années 1920. Pour les artistes, acteurs et chanteurs, se produire à Broadway est synonyme de consécration, car les plus grands s’y sont produits. Ainsi, Marlon Brando, Barbra Streisand, Grace Kelly et Robert Redford y ont fait leurs premiers pas et les plus grands interprètes français Edith Piaf et Charles Aznavour y ont chanté.

 

Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui

            Le succès de ces comédies va également donner l’idée à des producteurs de films d’en faire des adaptations, des films musicaux. Le tout premier film avec son synchronisé est le musical The Jazz Singer (1927) de Alan Crosland adapté d’une nouvelle de Samson Raphaelson. A partir de 1929, plus d’une centaine de versions cinématographiques de comédies musicales en Technicolor verront le jour dont The Desert Song de John Francis Dillon (1929) adapté de l’opérette éponyme de 1926 ou encore Sally de Florenz Ziegfeld (1929) adapté de la comédie musicale éponyme de Guy Bolton (1920). 

Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui

            C’est alors le début de la pérennité pour les spectacles vivants avec l’apparition du son stéréophonique (1958). Les années 1960 verront d’ailleurs un tournant du film musical lorsque les adaptations de scène laissent place à des créations spécifiques pour le cinéma en commençant par Mary Poppins (1964) ou encore un peu plus récent La, La Land (2016), The Greatest Showman (2018) et A Star is Born (2018). Une tendance récente a permis la création de musicals basés sur des chansons issues d'albums d'artistes populaires tel que Mamma Mia ! (1999) adapté des chansons de ABBA ; We Will Rock You (2002) adapté de celles de Queen ; Jersey Boys (2005) adapté de celles du groupe The Four Seasons, qui ont été adapté pour le 1er et le 3ème en film. Les biopics (adaptations de la vie d’un artiste) sont devenus récemment des blockbusters avec par exemple Bohemian Rhapsody (sur Queen), Rocket Man (Elton John) ou alors Yesterday (Beatles).

 

            Quoique le pays majoritairement producteur de comédie ainsi que de films musicaux reste les USA, la France participe également à l’essor de ce genre artistique, tout en l’innovant. Les Français Claude-Michel Schönberg et Alain Boublil ont poussé encore plus loin le concept du musical en utilisant uniquement des dialogues chantés dans Les Misérables (1980). Il fait suite à leur Révolution française (1973), considérée comme le premier opéra rock français, quelques années avant la création de Starmania (1979). Starmania est ce que l’on pourrait appeler le précurseur des comédies musicales françaises. En effet, grâce à elle et à ses compositeurs, Michel Berger et Luc Plamondon, de nombreuses comédies musicales vont pouvoir voir le jour même si elles s’écartent peu à peu du schéma contemporain du musical avec par exemple Notre Dame de Paris (1998), de Richard Cocciante et Luc Plamondon, pour revenir à une forme plus ancienne sans continuité dramatique, mettant en scène un album discographique.

 

              Même aujourd'hui des comédies musicales originales et à succès continuent d'être produites telles que War horse (2007) de Nick Stafford avec des marionnettes à tailles réelles d'animaux, Hamilton (2015) de Lin-Manuel Miranda adapté de la vie du Père fondateur des USA Alexander Hamilton ou encore Dear Evan Hansen (2016) de Benj Pasek parlant de l'intégration sociale et du suicide. Avec l'évolution sociale mais aussi technologique, les sujets et les scénographies sont infinis. Ce n'est donc pas la fin des comédies musicales comme peuvent le penser certaines personnes, mais le début d'un renouveau. 

 

-Romy

Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui
Les comédies musicales d'hier et d'aujourd'hui

Voir les commentaires

Rédigé par MDL Aix (Romy)

Publié dans #Travaux étudiants, #Musique, #Cinéma

Repost0

Publié le 5 Janvier 2020

 

 

Noël est une fête dont tout le monde parle durant le mois de décembre, elle alimente un bon nombre de conversations. Pour beaucoup c’est l’occasion de se rassembler autour d’un bon repas avec toute sa famille et d’échanger des cadeaux.

 

Or tout le monde ne fête pas le réveillon, Noël et le jour de l’an de la même manière. En effet, certaines coutumes et traditions sont propres à certains pays et villes, alors si on aime voyager quoi de mieux que de découvrir ces différentes façons de faire.

 

 

En France, Noël commence souvent à la mi-novembre. Il n’y a pas réellement de fête qui fait débuter ce jour que beaucoup attendent, mais plutôt un esprit et une magie qui s’installent petit à petit. Tout d’abord on y voit la venue des marchés de Noël qui longent un bon nombre de centre-ville, certains ont une renommée internationale comme celui de Strasbourg. Par ailleurs l’esprit de Noël s’installe durant la même période en Angleterre avec les villes décorées dès le début de novembre, les chorales qui refont surface, ainsi que les maisons ornées de verdures et des cartes de voeux reçues, accrochées sur le mur jusqu’au 6 janvier.

 

Puis arrive décembre et l’excitation est à son comble, pour faire patienter pas mal d’enfants, et parfois mêmes les adultes se prêtent au jeux, on achète des calendriers de l’avent (soit des calendriers avec des cases contenant chacun un chocolat jusqu’au jour de Noël). En Espagne cette attente et tout aussi longue alors, les enfants à partir du 8 décembre préparent la Tio de Nadal aussi dit « la bûche qui fait ses besoins ». On l’entoure d’une couverture pour ne pas qu’elle attrape froid et le jour de Noël les enfants la sacrifie en la frappant pour qu’elle apporte quelques cadeaux, même si ce n’est pas l’équivalent de leur père Noël, on lui peint tout de même un visage pour la rendre plus « humaine ».

 

 

source de la photo : https://www.mediatheque.cat/envolees/?p=448

 

En France on se prépare aussi en plantant du blé souvent à la Saint Nicolas en signe de chance pour l’année qui suit. Pourtant Saint Nicolas n’a rien à voir avec le blé, c’est en effet un Saint qui a sauver des enfants et qui doit être remercié, certains plantent du blé d’autres laissent de la nourriture.

 

Avant Noël beaucoup prennent aussi la peine de décorer les maisons de crèche, la Provence est notamment réputée pour ces santons et son marché de santons tout comme l’Espagne, où il est possible de visiter des crèches vivantes, ce qui anime les rues.

 

 

 

Par ailleurs les pays orthodoxes comme la Russie ou la Grèce, ne préparent pas Noël aussi tôt. Ils n’ont pas le même calendrier des fêtes, que celui des catholiques. En effet, avant le 24 décembre les Russes jeûnent durant 28 jours tout comme les Grecs le font pendant 40 jours, certains mangeront des fruits secs en signe de fin de ce jeûne comme en Grèce et d’autres comme les Russes prépareront 12 plats végétariens pour les 12 apôtres à la date du 6 janvier, soit la veille du Noël orthodoxe. En Russie Noël se fête le 7 janvier car durant la révolution les festivités et les sapins consacrés à cette fête étaient interdits.

 

Pour ce qui est du sapin de Noël chacun à sa manière de faire, en France on accroche une étoile sur le sommet du sapin, en Russie on décore d’une araignée, les Grecs sont plus centrés sur la décoration ou la disposition d’un bateau dû à leurs cultures, en Angleterre le sapin est un symbole majestueux notamment à Londres avec l’ancienne tradition du Christmas Tree, un sapin était envoyé d’Oslo jusqu’à Londres en guise de reconnaissance pour l’aide des Anglais durant la seconde guerre mondiale. Tandis qu’en Espagne on porte plus d’attention au fait d’avoir et de créer une crèche qu’un beau sapin.

 

 

 

Puis vient le moment d’ouvrir les cadeaux, en France la tradition veut que on les ouvre le 25 au matin, ou du moins après la naissance de Jésus, souvent dans la nuit du 24 au 25 décembre beaucoup se rendent à la messe de Noël, et au matin le père Noël aura déposer ces cadeaux. Les anglais ouvrent les cadeaux le même jour que en France et attendent le message de la reine d’Angleterre, autour d’un repas et vient l’heure de découvrir le Secret Santa le père Noël qui s’est chargé des cadeaux de l’un des membres de la famille. Or les cadeaux ne s’ouvrent pas à la même date dans tous ces pays, en Russie on les ouvre le 1er janvier et ils sont apportés par le père Gel tout comme en Grèce sauf que c’est Saint Basile qui apporte les cadeaux, puis vient enfin le tour des espagnols, qui ouvrent leurs présents le 6 janvier, ils sont apportés par les trois rois mages.

 

 

 

Pour aller plus loin voici 5 autres faits concernant les fêtes de fin d’année :

-En Grèce on suspend du basilic jusqu’à l’épiphanie (le 6 janvier), tandis qu’en France on mange la galette des rois le même jour.

 

-En Russie le jour de l’an est plus important que Noël.

 

-En Espagne ils ont une loterie nationale dont le tirage se fait le 23 décembre.

 

-En Angleterre le 26 décembre on fait la quête du lendemain de Noël avec des boxes en terres cuites, une fois récoltées on les brise pour distribuer ce qu’elles contiennent aux plus pauvres.

 

-En France on mange la bûche de Noël en dessert, car autrefois on la faisait brûler toute la nuit dans la cheminée pour porter bonheur à l’année suivante.

 

 

-Carla. 

Voir les commentaires

Rédigé par MDL Aix (Carla)

Repost0

Publié le 1 Janvier 2020

Rédigé par MDL Aix

Repost0