Hazan convoqué par la police anti-terroriste

Publié le 7 Mai 2009

Lu sur Biblio-fr :

"L'éditeur Eric Hazan, directeur des éditions La Fabrique, a été convoqué le
9 avril 2009 par les policiers de la SDAT (Sous-Direction Anti-Terroriste)
et ce dans le cadre de l'enquête sur le "groupe de Tarnac" et les
"sabotages" des lignes TGV.

Même si Eric Hazan a été entendu en qualité de témoin, la chose est assez
rare pour être signalé sur bibliofr, que la police anti-terroriste ait à
convoquer un directeur de maison d'édition afin de l'interroger sur l'une de
ses publications, en l'occurrence "L'insurrection qui vient" (La Fabrique,
2007).

Les policiers de la SDAT soupçonnent en effet Julien Coupat - emprisonné
depuis la mi-novembre 2008 - d'être l'un des auteurs de cet ouvrage signé
par le désormais célèbre mais toujours mystérieux "Comité invisible".

La maison d'édition a réagi : "cette tentative d'impliquer un livre et un
éditeur dans une association de malfaiteurs terroristes constitue une grave
atteinte à la liberté d'expression. N'étant pas témoin des faits instruits
dans cette affaire, Eric Hazan a répondu qu'il n'était pas dans son rôle de
combler le vide du dossier. S'il existe des éléments dans L'Insurrection qui
vient enfreignant les lois sur la presse, Eric Hazan est prêt à en répondre
devant les tribunaux compétents."

Quant à l'avocat de l'éditeur, il trouve dangereux que "ce livre, qui n'a
fait l'objet d'aucune procédure en matière de presse, soit inclus dans une
instruction pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise
terroriste. On n'a pas vu ça depuis la guerre d'Algérie."

Rédigé par Sylvie

Publié dans #L'actu des métiers

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N
Oui j'ai lu ça autre part, c'est absolument sidérant ! Pour avoir lu l'opuscule en question, c'était effectivement violent, ça appelait à brûler les commissariats entre autres, au milieu d'un gloubi-boulga de constats intéressants. Mais rien ne peut excuser une telle démarche de censure inquisitrice. Et pourquoi précisément le Comité Invisible ? S'ils étaient les seuls essayistes subversifs, ça se saurait, et le "secret" de leur identité était depuis longtemps éventé sur le net. Et le pire : mettre en examen l'éditeur ! Jamais vu ça de ma vie, et surtout je ne comprends pas bien l'intérêt du pouvoir à orchestrer tout ça aussi directement. L'opinion est déjà muselée, pourquoi s'attaquer à quelques auteurs confidentiels et leur éditeur ?
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B
Et quid des éditeurs bas-alpins mis en examens ?
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