Prix du livre encore

Publié le 3 Juin 2008

Voici la réponse de Christian Kert (qui est mon député) au mail que je lui ai envoyé :

" Madame ,

Le prix unique du livre met à égalité grande surface et petite librairie en interdisant
tout rabais avant les 2 ans qui suivent sa parution. Ramener à un 1 an ce délai (tel est
l'objet des amendements )  n'est pas remettre en cause la loi lang mais plutôt de
continuer à mettre tous ces acteurs du livre au même niveau en adaptant la loi aux
habitudes nouvelles des lecteurs ( internet , livre numérique , vente à distance ...) et
pour faire face à la sévère concurrence des  DVD , des jeux vidéos ,... Il faut savoir
qu'il parait plus de 50 000 titres nouveaux par an  que la durée moyenne d'un livre  en
rayon est de 3 mois et que près de 100 millions de livre sont détruits chaque année . Ces
amendements dont je suis l'un des auteurs n'ont pas été retenus . Toutefois en tant que
Vice Président de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, il
parait nécessaire d'entamer une réflexion sur la nécessaire modernisation de la loi de
1981 , aussi une table ronde sera très prochainement organisée sur ce thème  au Parlement
.
Je tenais à vous faire part de ces éléments d'information
Bien à vous
Christian KERT"

Voilà. À suivre, donc. Ce n'est pas fini, comme prévu.
Je lui ai renvoyé un mail à mon tour.

Vous pouvez aussi voir la position de l' ABF à ce propos.

Rédigé par Sylvie

Publié dans #En ce moment, bientôt…

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N
C'est des enfoirés. Je vous copie-colle la réflexion à ce sujet d'André François Ruaud (éditeur des Moutons électriques), qui est énervé (c'est un peu long):C'est dramatique: le gouvernement semble vouloir attaquer la loi Lang pour le prix unique du livre! L'article du Monde est malheureusement fort maladroitement rédigé, bourré d'erreurs et<br /> d'anomalies. Le sous-entendu selon lequel le prix des livres serait<br /> libre après deux ans est une totale imbécilité (cela ne concerne que<br /> les ouvrages en stock depuis plus de deux ans dans la librairie et<br /> jamais réapprovisionnés depuis). Et l'article de relayer des mensonges<br /> des gens d'Amazon.fr, qui se sont fait d'ailleurs une habitude de<br /> mentir tout le temps (non respect de leur condamnation de la fin<br /> d'année dernière concernant l'interdiction de pratiquer le port<br /> gratuit, non livraison des ouvrages des petits distributeurs,<br /> informations fausses, etc)."Restent<br /> les consommateurs. En entraînant une baisse du prix des livres, cette<br /> mesure devrait permettre aux clients d'acheter plus de livres. "Nos<br /> clients trouvent que les livres sont chers", explique Xavier Garambois,<br /> directeur général d'Amazon France, qui juge "très positive"<br /> l'initiative des deux députés. "Cela stimulerait le marché du livre,<br /> qui est moins dynamique en France qu'en Grande-Bretagne et où les<br /> nouveautés sont moins chères", poursuit-il."Tout cela est un tissu de mensonges. Primo, une telle mesure n'entraînerait absolument aucune baisse du prix pour le consommateur (c'est là une chimère qu'agitent<br /> toujours les ultra-libéraux): seule grandirait la marge bénéficiaire<br /> des grands points de vente. De plus, il est rigoureusement faux de<br /> prétendre que les livres sont moins chers en GB qu'en France — car bien<br /> au contraire, ils sont plus<br /> chers! Il suffit d'avoir observé l'évolution du marché du livre en GB<br /> depuis que les grandes chaînes américaines (propriétés de Border's) ont<br /> brisé l'entente locale pour un prix unique. Les prix ont explosé, les livres de poche n'existent carrément plus (plus rentables!), les éditeurs sont étranglés par les exigences de<br /> marge de Border's, les petits éditeurs n'y sont plus en vente du tout.<br /> Ce qu'oublie aussi de dire Amazon.fr, c'est que chez leur collègue<br /> britannique, il est possible de commander (et de recevoir) toute la<br /> production — ce n'est pas du tout le cas chez Amazon.fr, qui pratique<br /> un boycotte sournois et hypocrite des petites productions, en ne se<br /> fournissant que chez un petit grossiste parisien (!) au lieu de<br /> commander directement chez les distributeurs concernés, et en<br /> prétendant ensuite aux clients que l'ouvrage "n'est pas disponible" ou<br /> en demandant plusieurs semaines de livraison, pour des livres<br /> parfaitement disponibles partout. Amazon.fr est un ennemi de fait de<br /> l'indépendance éditoriale et de la liberté de publier, ils ne visent<br /> qu'à la réduction du marché pour un profit maximum et un souci minimum<br /> d'exécution. En effet, le calcul est simple à faire: ce que<br /> veulent les ennemis du prix unique, c'est proposer d'alléchantes<br /> remises à leurs clients. Mais pour cela, ils ne désirent pas rogner sur<br /> leur marge: ils exigent donc des éditeurs une remise plus importante.<br /> Et comme les éditeurs ne peuvent augmenter une telle remise sans y<br /> perdre leur chemise (la diffusion-distribution coûte déjà à l'éditeur<br /> dans les 65% du prix de vente public, duquel il faut encore déduire la<br /> taxe, les coûts d'impression et les droits d'auteur: que croyez-vous<br /> qu'il reste après ça?), ils n'ont qu'une seule possibilité de<br /> manoeuvre: augmenter le prix de vente pour gonfler leur CA. Et qui<br /> trinque donc, au final? Le lecteur, qui se retrouve avec des livres<br /> certes remisés par les grandes chaînes mais en fait beaucoup plus chers<br /> à la base.L'initiative de ces deux députés (dont on gagera<br /> qu'ils ne lisent guère, contrairement à monsieur Attali) est<br /> supérieurement néfaste et la remise en cause de cette loi mettrait<br /> gravement à mal toute la chaîne du livre — car le livre n'est pas un<br /> "produit" comme un autre, et nécessite un équilibre égalitaire des<br /> conditions de mise en vente pour fonctionner. Il ne s'agit pas de<br /> protéger des intérêts mesquins, mais bien au contraire de garantir aux<br /> auteurs et aux lecteurs à la fois des revenus corrects (avec notamment<br /> la mise en place, enfin, de la SOFIA, organisme équivalent à la SACEM<br /> qui verse aux auteurs et éditeurs les droits perçus auprès des<br /> bibliothèques de prêt) et des livres pas trop chers. Détruire la loi<br /> Lang, c'est du perdant-perdant: tout le monde aurait à en pâtir<br /> grandement, qu'il soit éditeur, libraire, auteur ou lecteur. Personne<br /> n'y a intérêt! Seuls des idéologues aveugles peuvent rêver de détruire un tel secteur culturel et économique.Imaginez<br /> un marché du livre sans format de poche! Non seulement cela serait<br /> dramatique pour les éditeurs grand format, pour lesquels la revente des<br /> droits pour le poche est un revenu non négligeable, mais cela<br /> signifierait l'abandon du travail patrimonial typique du poche (fonds<br /> de catalogue entretenu spécifiquement)... et une flambée des prix de<br /> vente! Ce qui est exactement ce qui s'est déroulé en Angleterre. Le<br /> règne du gros et grand livre cher et de la nouveauté immédiate.
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S
Merci pour la bise, Jeff. De même. Bon je dirai rien sur tes références bibliographiques hein... Le discours de "votre" éditrice, Jean-Pascal, reflète la fragilité de ce que nous<br /> défendons au Département MDL d'Aix, à savoir l'interprofession. Les<br /> échanges souvent houleux entre éditeurs, libraires et bibliothécaires,<br /> au moment du débat sur le droit de prêt en ont été l'illustration il y<br /> a quelques années. Pourtant, le livre ne pourra être défendu que si les acteurs de la<br /> chaîne du livre travaillent dans le même sens et sont convaincus de<br /> leurs intérêts communs. J'espère que vous tous qui avez passé au moins deux ans chez nous en êtes persuadés.
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C
*soupir*Réformes ! Réformes ! Réformer à tour de bras pour réformer, ce n'est pas aller de l'avant, c'est régresser. Outre le fait que je sois contre tout amendement à la loi Lang, je trouve cet "course à la réforme" totalement ridicule. Certaines décisions sont prises bien trop rapidement...Enfin, là n'est pas le débat.Ils ont reculé, mais pour combien de temps ? C'est qu'ils sont têtus, les politiciens...
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J
Hello,Ma maîtresse de stage, éditrice, se dit tout à fait enthousiaste à l'idée de cet amendement pour le motif suivant :Les vilains libraires font exploser leurs marges en rachetant sournoisement une partie des stocks des éditeurs à prix discount pour les revendre aux clients au prix fort, moins 5% (qu'ils ne font pas parce qu'ils sont radins). Pour elle, cet amendement permettrait de mieux encadrer cette pratique apparament pratiquée par ces fantatiques qui pourrissent le métier d'éditeur puisqu'ils renvendraient le livre au prix où ils l'ont acheté / volé. Et qu'après tout, si on pouvait se passer d'eux, on s'en porterait pas plus mal (sic).Voilà, je sais pas ce que vous en pensez mais moi ça m'a fait à la fois fait beaucoup rire et complètement consterné d'entendre ça de la bouche d'un éditeur qui se vante d'être un fier défenseur du livre et de la culture. Si j'avais su...
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J
Mon dieu !!! Je manque à tous mes devoirs l'isbn c'est 9782951974708
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