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© Ronald Van Cauter, 2006

 

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A vous de jouer !

22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 09:34

Samedi 18 octobre, 10h30, deuxième jour de cette Fête du Livre. Nous assistons à une rencontre débat avec Mario Vargas Llosa, dans l'amphithéâtre de la Verrière, à la Cité du Livre. Sont présents en majorité des étudiants et des professeurs de l'Université d'Aix-Marseille et des Métiers du livre, auxquels s'ajoutent des auditeurs libres, venus assister eux aussi à cette masterclass organisée par les Ecritures Croisées.

10h40, alors que les derniers retardataires se hâtent de trouver une place dans l'amphithéâtre presque plein, l'auteur arrive enfin, sous les applaudissements du public.

Après une brève présentation de l'exercice consistant en une rencontre directe entre l'écrivain et son lectorat, Gérard Meudal laisse la parole aux auditeurs, venus questionner MVL.

Suit un léger flottement de quelques instants, puis enfin, le premier courageux se jette à l'eau. Après avoir récupéré un micro, il s'adresse à l'auteur pour lui demander s'il se sent comblé lorsqu'il achève l'écriture d'un roman, ou s'il ressent le besoin immédiat d'écrire quelque chose d'autre par la suite, en d'autres termes s'il se satisfait du travail achevé. Après un instant de réflexion, Mario Vargas Llosa commence à répondre à son interlocuteur (un étudiant de première année en Métiers du livre, NDLR) en indiquant qu'il lui faut généralement entre deux et trois ans pour écrire un roman complet. Ainsi, explique-t-il, l'achèvement d'un tel travail entraîne par la suite une sensation de fatigue, de saturation vis-à-vis de l'histoire et des personnages, « l'impression de ne plus avoir assez de recul ni de distance avec ce que je suis en train de faire ». Il compare également cette expérience à une sorte d'habitat qu'il faut se résoudre à quitter, ce qui n'est pas une sensation très agréable avoue-t-il. Par ailleurs, détestant l'état de vide qui peut s'installer entre la rédaction de deux livres différents, il finit toujours un ouvrage avec une idée plus ou moins floue de ce que sera le suivant. Lorsque débute ce nouveau récit, viennent alors le doute et le questionnement, l'impression de ne pouvoir transformer son idée initiale en roman. Mais l'envie de toujours persévérer pousse Mario Vargas Llosa à rester rigoureux dans son travail. Il écrit ainsi un brouillon, tel un « fil conducteur » de l'histoire, sachant qu'il n'en respectera sans doute pas toutes les lignes, le processus créatif laissant une grande part à l'imprévu.

Suite à cette première intervention, l'ambiance dans l'amphithéâtre est plus détendue, les mains, même si toujours timides, sont plus nombreuses à se lever dans le public. Une dame est désignée, se trouvant être consul de Bolivie de la ville de Marseille. Son questionnement concerne le monde andin et les nombreux voyages de Mario Vargas Llosa comme sources d'inspiration dans son œuvre. Bien que marqué par l'Amérique Latine, l'auteur explique qu'il puise inspiration et créativité dans tout ce qui l'entoure. En effet, une fois la distance avec le sujet traité écartée, il s'immerge totalement dans l'écriture du récit, « comme englouti par ce que je suis en train d'écrire ». Toute chose entendue, vue, faite, même la plus anodine, est mise au service de son travail, l'auteur agit tel « un espion à la chasse des mots ». Mario Vargas Llosa explique qu'il va même jusqu'à parfois se sentir esclave de son travail, y pensant jusque pendant son sommeil, et pose ainsi une question amenant réflexion : jusqu'à quel point est-on libre quand on écrit ? Néanmoins, il précise que, bien entendu, la structure émotionnelle du présent mais aussi du passé conserve une grande place dans son inspiration personnelle.

11h10. Les traits d'humour de l'invité durant ses prises de paroles ne manquent pas de détendre le public. Lorsqu'un lecteur lui demande s'il existe des histoires qu'il n'a jamais réussi à raconter, il répond dans une exclamation théâtrale et amusée : « des tonnes ! Bien plus que celles que j'ai réussi à écrire ! ». Un brouhaha de rires s'élève dans la salle. Le silence est cependant vite retrouvé, tant la personnalité, bien que sympathique, de l'auteur s'impose aux spectateurs.

Viennent ensuite des questions plus personnelles, sur le parcours, la carrière, les opinions de Mario Vargas Llosa. Ainsi l'auteur raconte-t-il ses débuts en tant qu'écrivain, et la naissance de cette vocation, très précoce. Employant les termes « magie de déchiffrer les mots », il explique le nouveau tournant qu'a pris sa vie lorsqu'il apprend la lecture à l'âge de 5 ans, l'enrichissement que cette expérience lui a soudainement apporté. Il réécrit alors des histoires qu'il n'aime pas, et continue celles qu'il apprécie. Cependant à l'heure décisive des choix de vie, sa passion semble menacée par la manière dont on est considérée l'écriture au Pérou : une lubie de "bonne femme", un passe-temps, mais en aucun cas un métier convenable pour un homme. Le jeune Mario s'intéresse alors à des métiers pouvant s'en rapprocher, tels qu'avocat, professeur ou encore journaliste, profession qu'il exercera d'ailleurs par la suite. Il explique qu'il décidera cependant bien vite de ne pas être ce qu'il appelle un « écrivain des dimanches et des jours fériés » et que l'écriture exige que l'on s'y consacre totalement.

Un lecteur plein de curiosité l'interroge ensuite sur les raisons qui l'ont poussé à demander la nationalité espagnole ainsi que son avis sur les critiques classiques des médias qui tendent à opposer les écrivains marxistes dit "de gauche" et les écrivains de droite. L'auteur, prend le temps de réfléchir, il pèse chacun de ses mots : " Quand le président du Pérou a gagné les élections, j'ai bien sûr respecter cette élection et je n'ai presque pas participé à la politique péruvienne les deux premières années de son gouvernement." Cependant, après le coup d'état , MVL , revolté depuis toujours contre toute forme de dictature et choisissant de s'opposer à ce régime, s'est vu menacé par le gouvernement de perdre la nationalité péruvienne. Il fit ainsi le choix de demander la nationalité espagnole car il ne pouvait se résoudre à vivre en Europe sans nationalité. L'auteur semble un instant perdu dans ces souvenirs puis nous avoue qu'il a éprouvé une grande reconnaissance envers l'Espagne lorsque sa requête fut acceptée.

L'auteur répond ensuite à la deuxième question et déclare qu'il est "très dangereux de faire des qualifications collectives pour les écrivains " . Il reconnait avec une pointe d'ironie qu'ils partagent parfois certains point communs comme le fait d'écrire en espagnol, et de venir de pays aux problèmes économiques semblables mais qu'ils sont au fond radicalement opposés quand à leur opinions politiques. Selon lui parler des Latino-américains comme de progressistes est "arbitraire " et peu "objectif" . Évoquant sa jeunesse, il confie au public qu'il a d'abord été un militant marxiste qui croyait que la meilleure défense contre les dictatures (très présentes à l'époque) était le socialisme, le communime. Une conversation très dogmatique avec ses camarades communistes lui revient à l'esprit , ils se demandaient en effet "qui est notre meilleur ennemi ? La dictature ou les trotskistes ? " signe de leur isolement et leur petitesse. La révolution cubaine lui ensuite rendu foi en la politique, l'espoir d'un monde nouveau. Comme l'ensemble de la jeunesse latino-américaine, MVL fut ébloui par le geste épique du "barbu" à Cuba qui symbolisait plus qu'un geste romantique, l'idée nouvelle d'un socialisme non dogmatique.

Un lecteur questionne ensuite MVL sur l'idée de République Mondiale des Lettres, pense-t'il que ce type d'organisation soit possible? La réponse de l'auteur est sans appel :

"Cela existe et n'existe pas en même temps. J'ai été trois ans président du Penclub qui voulait être une organisation représentatives des écrivains de manière globale : cela n'a jamais été comme ça, malgré beaucoup d'efforts. Il est très difficile de mettre d'accord des écrivains, de les convaincre de coexister dans une organisation."

Une jeune femme demande à MVL ce qui l'a marqué dans sa candidature aux élections au Pérou, et pourquoi il n'a pas continué dans la politique.

Mario Vargas Llosa explique qu'il n'a jamais voulu être un politicien, qu'il a participé car c'était une obligation en tant que citoyen. Ce sont les circonstances qui ont fait qu'il est devenu candidat : il passait quelques mois par an au Pérou et le président élu a décidé soudainement à l’époque, de nationaliser tous le système financier du Pérou. Alors, il a pensé que ce serais la fin de la démocratie, que ça donnerais un trop grand pouvoir au gouvernement. D'autre part, il a pensé que ce serait une décision très populaire, que tout le Pérou allait soutenir cette loi, et par principe il a protesté et a écrit un article. Seulement à sa grande surprise, la nationalisation n'a pas été populaire. Sa protestation est devenu un point de ralliement pour tous ceux qui voyaient une menace à la démocratie. Puis sur la place San Martino à Lima il y a eu des manifestations. On lui a donné la parole car il avait été le premier à critiquer la loi. Puis celle-ci a été annulée, abolie. Ce fut un succès de mobilisation pacifique. Cela a été le début d'un mouvement qui l'a poussé à accepter de candidater aux élections. Évidemment son engagement a été une menace pour sa carrière littéraire mais il explique que tout était différent dans la rue, qu'il sentait à ce moment là que c'était l'histoire qui se faisait au jour le jour. Cette période sera retranscrite dans son livre Le Poisson dans l'eau. Finalement il nous précise que cette expérience n'a pas été si agréable, dans un pays très violent, marqué par le terrorisme, par des attentats tous les jours mais qu'elle fut très instructive . Il a découvert un autre visage de la politique : des manœuvres, des intrigues. Et surtout la manière avec laquelle le pouvoir a un effet moral dévastateur pour les gens. Il a beaucoup appris sur l'Homme, sur la condition humaine. Il est cependant assez enthousiaste sur cette période.

Et conclut en disant qu'il a bien accepté de perdre les élections et que c'est seulement le coup d’état qui l'a poussé à participer de nouveau à la vie politique.

Après ces quelques questions de politique, une spectatrice se lance en demandant à MVL si le théâtre fait partie des éléments qui peuvent aider une société à devenir plus démocratique. MVL très enthousiaste répond que le théâtre est ce qu'il aime le plus, et que sa première vocation était d'ailleurs d'être dramaturge. Toutefois, le théâtre n'était pas développé au Pérou. MVL nous avoue secrètement que son dernier projet est une pièce de théâtre. Selon lui, « c'est un instrument de communication de certaines vérité qui peut atteindre de vaste publics. » Cette passion lui vient d'une pièce qu'il a vue lorsqu'il était jeune à Lima, La Mort d'un commis voyageur. Il nous confie alors qu'il fut ébloui de cette pièce qui avait une liberté pour les personnages pouvant passer de l'avenir au passé et ce avec la même liberté que Faulkner. MVL nous annonce avec conviction que c'est un genre très vivant et qui a un avenir.

Un peu plus tard, quelqu'un se lance et demande à MVL si l'oeuvre Don Quichotte a influencé sa création personnelle et ce qu'elle représente pour lui. MVL répond avec passion que c'est un livre d'une richesse extraordinaire du point de vue linguistique mais en même temps c'est un de ces livres qui crée une mythologie, un symbole, très représentatif de la condition humaine. La vie de Cervantes a été une vie de faillites, rien n'allait, c'était une victime. Dans Don Quichotte toutes les choses mauvaises sont transformées en vertu, il n'y a pas de mauvaise personne affirme MVL. En France il n'y avait pas qu'un seul écrivain comme Cervantes pour les Espagnols ou Shakespeare pour la littérature anglophone.

La dernière question est : “Comment choisissez vous vos titres?”

L'auteur répond : « Je ne choisis pas le titre, le titre vient avec l'histoire la plupart du temps ».

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Published by Zoé, Alice, Salomé, Leïla, Elodie - dans En ce moment, bientôt…
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 18:26

Le 24 septembre 2014, nous avons assisté à une présentation de la vie de Mario Vargas Llosa. La soirée a commencé à 18h30 avec une rapide présentation des intervenants. Cela a été suivie par une série d'extraits de documentaires sur MVL.

Durant cette soirée, le traducteur de MVL est venu pour nous parler de l'auteur.

Nous avons pu voir 4 documentaires/interviews sur Mario Vargas Llosa qui ont duré jusqu'à 19h10

Le premier, c'était une édition spéciale des actualités télévisées où l'on aperçoit MVL plus jeune, dès son arrivé en France ; le second parlait des 8 ouvrages traduits en français chez Gallimard, et de sa vie en France ; le troisième relatait la période politique de MVL, et le quatrième était une interview à la télévision où il dénonçait les dictatures et continuait de défendre la démocratie et la liberté.

Après avoir tout visionné, le traducteur nous a raconté la vie de l'auteur et comment il en était arrivé là. Il a ensuite répondu à quelques questions des personnes présentes, avant de donner fin à cette séance.

Anatole et Laura, DUT 1

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 23:02

Ce week-end se déroule au Forum Culturel la traditionnelle Fête du livre d'Aix-en-Provence, comme vous avez pu le constater si vous vous êtes promenés dans le centre-ville ces derniers jours.

Cette année les Écritures croisées ont invité un grand personnage de la littérature : l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature de 2010.

La Fête débutera ce vendredi 17 par la soirée inaugurale, Amphithéâtre de la Verrière, en présence de M. Vargas Llosa et des autres invités. Celui-ci introduira cette fête du livre à 18h30, puis fera la lecture d'un passage d'une de ses œuvres.

Le lendemain, à 10h30 se tiendra la masterclass avec la tête d'affiche du festival, puis séance de signatures de tous les écrivains invités sur le stand librairie à 12h30.

  • A 14h30, rencontre avec Vassilis Vassilikos, puis avec Régis Debray à 15h30, avant la table ronde ayant pour sujet : "L'Europe intellectuelle et littéraire en ce début de XXIe siècle" (à 17h30, de nouveau à l'Amphithéâtre).

Le dimanche matin : Masterclass, séance publique avec Philippe Apeloig (à 10h dans la verrière).

  • Rencontre animée par Stéphane Michaud avec Mario Vargas Llosa et Albert Bensoussan (à 11h30).

  • Signatures sur le stand des libraires avec Mario Vargas Llosa et les écrivains invités (12h30).
    Débat dirigé par Gérard Meudal et Daniel Lefort « Le paradis - un peu plus loin » avec Mario Vargas Llosa et ses invités (17h).

  • Suivi de la cérémonie de clôture avec Mario Vargas Llosa et Anne Alvaro.

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 22:27

La Maison Verte, 1966


Vargas Lloas, trois ans après son premier roman "La Ville et les chiens", écrit La Maison verte en 1966; il a alors 30 ans. La Maison Verte est un roman que son auteur qualifie de "téléscopique" et "polyphonique". En effet, il est bâti sur plusieures histoires principales, qui entremèlent différents lieux et époques. La ville de Piura au nord du Pérou, plus précisément une maison close dans la lointaine forêt péruvienne, est le cadre de cette comédie humaine foisonnante de personnages et d'aventures, un véritable tourbillon de vie. En effet, le roman est structuré autour des récits de vies de personnages hétéroclites - missionaires, soldats, religieuses, indigènes, marchands, aventuriers... - dont les destinés vont s'entrecroiser.
La Maison verte est l'oeuvre qu'a écrit Vargas Llosa qui se rapproche le plus du célèbre "réalisme magique", mais aussi un des romans les plus marquants du Boom latino-américain.
Il a d'ailleurs reçu en 1967 des prix littéraires importants, tels que le prix Rómulo Gallegos, et le prix espagnol de la critique.




La Tante Julia et le Scribouillard, 1977

Semi-autobiographie de la jeunesse de Vargas Llosa, le roman se présente comme une éducation artistique et sentimentale d'un jeune étudiant en droit, "Varguitas", également apprenti journaliste à la radio.
L'histoire se passe dans le Lima des années 50, et "Varguitas" tombe amoureux d'une femme de quinze ans son ainée, la tante Julia. Au récit principal détaillant le quotidien du personnage s'intercalent des feuilletons radiophoniques racontant tout un tas d'anecdotes sur divers personnages et contextes sociaux-culturels.





La ville et les chiens, Mario Vargas Llosa, 1963

"Le C
ercle" est un groupe secret de cadets du collège militaire Leoncio Prado de Lima. Contre la discipline de fer qui les écrasent, les membres du "Cercle" ont institué leurs propres règles, garantes d'une pseudo liberté fondée sur la violence, le mensonge et le vol. Sur ordre de cette organisation et de son chef, le jaguar, un cadet, dérobe les sujets d'un examen. Le vol découvert, tous les élèves sont bientôt consignés, au désespoir d'un cadet faible et soumis surnommé "l'esclave", qui ne tarde pas à dénoncer son camarade sans savoir ce qui l'attend... La Ville et les Chiens est le premier roman de Mario Vargas Llosa et inaugure une première étape dans son oeuvre : l'inventaire critique du réel. Tributaire du parcours personnel de l'auteur, lui-même soumis au cours de deux années à l'éducation du collège Leoncio Prado, ce roman dresse le portrait dur et cruel d'un groupe d'adolescents opprimés et du système qui les oppriment. Réglant ses comptes avec son passé, Mario Vargas Llosa dénonce cette éducation de la virilité.


"On se tromperait pourtant si l’on ne voyait en ce livre qu’un témoignage, un réquisitoire contre des formes très localisées d’ « enseignement » et de militarisme aveugle. Il pose également un certain nombre de questions fondamentales, sur le courage et la lâcheté, l’honneur et la trahison. On aurait tort aussi de n’y voir qu’un récit autobiographique à la manière de von Salomon. L’expérience individuelle, d’évidence, joue ici un grand rôle. Pour comprendre à quel point, cependant, elle est dominée par la maîtrise du narrateur, il suffit de comparer le portrait du malheureux professeur de français Fontana, tête de turc des cadets, avec révocation directe de celui qui fut son modèle, le poète César Moro, tel que Vargas Liosa nous le dépeint dans un récent hommage. Le rapprochement de ces pages si différentes montre un romancier en pleine possession de ses moyens, capable de transformer un souvenir personnel à travers l’optique particulière d’un de ses personnages, maniant avec dextérité toutes les ressources du style indirect libre, du monologue intérieur et du retour en arrière, sans jamais rien de gratuit ni d’artificiel, mû par le seul souci de l’efficacité. II nous donne ainsi, pour son coup d’essai, une des œuvres les plus fortes de ces dernières années."

« Adolescents en uniforme » de Jacques Fressard.





Conversation à la Cathédrale, 1969

Varga
s Llosa écrit Conversation à la Cathédrale en 1969. Il est considééré comme le livre majeur de son auteur, qui lui a demandé le plus de travail. Il dira lui même : "Si je devais sauver du feu un seul de mes romans, je sauverai celui-ci".
Ce roman, à nouveau polyphonique et qui voyage à travers différents lieux, différents décors, différentes temporalités, retrace la vie d'un jeune homme, Santiago Zavala, fils d'un riche entrepreuneur de Lima, et ses distentions par rapport à sa famile et sa classe. Il rencontre alors le Noir Ambrosio, ancien chauffeur de son père : ils se retrouve dans un bar sordide, la Cathédrale, et ici commencent discussions, énigmes, et éclaircissements d'un passé obsédant.
Vargas Llosa dresse ici un tableau de la société péruvienne dans son intégralité.
















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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 22:22

Biographie de Mario Vargas Llosa

Résumé de sa vie

Mario Vargas Llosa, né Jorge Mario Pedro Vargas Llosa est un auteur péruvien de romans et d'essais politiques ayant reçu le prix Nobel de littérature en 2010. Il est né en 1936 de l'union d'Ernesto Vargas Maldonado et de Dora Llosa Ureta, tous deux issus de la classe moyenne péruvienne.

Peu de temps après sa naissance, ses parents se séparent car Ernesto entretient une liaison avec une femme d'origine allemande, de laquelle naissent deux garçons : Ernesto et Enrique Vargas.

Mario est élevé par sa mère et sa famille en Bolivie où son grand-père possède des plantations de coton. Il y reçoit une éducation catholique et conservatrice.

En 1946, il part vivre à Lima avec sa mère, où il rencontre pour la première fois son père qu'il considérait alors comme décédé. Après cette rencontre, ses parents s'unissent à nouveau et le petit garçon va alors apprendre à connaître ce père violent et hostile à sa vocation littéraire.

Lorsqu'il a 14 ans, Mario est envoyé par son père à l'académie militaire de Lima ; séjour dont il gardera un mauvais souvenir et qui lui inspirera l'écriture de La Ville et les chiens.

À 20 ans, il étudie la littérature et le droit à l'université de San Marcos. Il travaille en parallèle de ses études comme correcteur littéraire, collaborateur de la rubrique cinéma des périodiques Literatura et El comercio.

En 1958, il obtient une bourse d'études qui lui permet de partir à Madrid, où il soutient une thèse sur Rubén Dario, un poète nicaraguayen, fondateur du mouvement littéraire moderniste hispano-américain.

En 1959, Mario épouse Julia Urquidi, sa tante par alliance (de 15 ans son aînée), avec laquelle il s'installe à Paris où il exerce le métier de professeur d'espagnol et celui de journaliste pour l'agence France-Presse. Julia, quant à elle trouve un emploi dans une petite librairie.

En 1964, il se sépare de Julia et se marie avec sa cousine Patricia Llosa, avec laquelle il aura trois fils.

Pendant une dizaine d'années, il voyage en Europe (Londres, Barcelone...) où il fait la rencontre de jeunes auteurs latino-américains comme Julio Cortàzar et Carlos Fuentes.

En 1974, il retourne à Lima, au Pérou pour y vivre pendant 16 ans et "siéger" à l'académie péruvienne.

En 1990, il se présente à la présidence Péruvienne ; il perd les élections face à Alberto Fujimori.

Plusieurs aspects de sa vie sont importants à noter. Tout d'abord les prix qu'il a reçus. En 1994, il reçoit le prix Cervantes, en 1995 le prix Jérusalem, en 2005 le Irving Kristol Award et en 2012 il reçoit le prix Carlos Fuentes.

Mario Vargas Llosa est membre de l'académie royale espagnole et titulaire de 40 doctorats dans de nombreuses universités dont celle de Rennes 2 de Haute Bretagne et celle de San Marcos.

On peut également préciser que Mario est un fervent défenseur de la corrida, aux cotés de Bryce Echenique et du poète Antonio Cisneros.

Ses influences littéraires

Comme pour beaucoup d’auteurs du « boom latino-américain » des années 1960 et 1970, on retrouve chez Mario Vargas Llosa l’influence des courants littéraires modernistes et postmodernes européens ou nord-américains. Considéré par beaucoup comme le maître du « bouillonnement romanesque », il s’écartera rapidement de ce qui caractérise le boom : le réalisme magique.


Ainsi l’on pourra retrouver dans ses écrits l’ombre bienveillante des écrivains qui l’ont marqué : William Faulkner à travers ses recherches stylistiques, Balzac pour l’importance qu’il accorde à l’humain et à ses mécanismes. Il dit affectionner également Dumas, qui l’a fait pleurer à la mort de d’Artagnan ; Sartre et Camus, issus de l’âge du Roman qui lui est cher ; Hugo et Flaubert qui lui ont donné l’envie d’écrire avec Les Misérables et Madame Bovary.
Les écrivains français qu’il découvre lors de son arrivée en France en 1958 auront donc une grande importance dans son œuvre, bien qu’il reste attaché à ses origines et continue de décortiquer la complexité artistique, idéologique et politique du continent sud-américain.

Sa vie politique

De prime abord intéressé par les idéaux du communisme, il commence par soutenir avec vigueur la révolution cubaine, mais sera déçu par la mise en place d'une dictature. Il devient alors libéral. Le Printemps de Prague de 1968 et certaines de ses lectures ne feront que l'éloigner encore plus du communisme.

Certains le qualifient « d'ultra libéral » lorsqu'il dénonce vigoureusement le régime de Castro ou la Révolution sandiniste au Nicaragua et qu'il soutien Ronald Reagan et Margaret Tatcher. Il fonde au Pérou le mouvement Libertad un mouvement de droite libéral.

En 1990 il se présente à l'élection présidentielle péruvienne et est largement battu au second tour par Alberto Fujimori, un japonais.

Il quitte ensuite le Pérou pour s'installer en Espagne, il y obtient la nationalité espagnole en 1993. À la conférence du 7 décembre 2010, en tant que lauréat du prix Nobel, il déclare : « J’aime l’Espagne autant que le Pérou et ma dette envers elle est aussi grande que l’est ma gratitude. Sans l’Espagne je ne me trouverais pas aujourd’hui à cette tribune ». Il déclare également, à l'Académie de Stockholm : « Je déteste toute forme de nationalisme, d’idéologie – ou plutôt de religion – provinciale, aux idées courtes et exclusives, qui rogne l’horizon intellectuel et dissimule en son sein des préjugés ethniques et racistes, car elle transforme en valeur suprême, en privilège moral et ontologique, la circonstance fortuite du lieu de naissance. »

Il soutient la politique de José Maria Aznar en Espagne et de Silvio Berlusconi en Italie, toutes deux très rigoureuses.

En 2007 Vargas Llosa fonde avec d'autres le parti espagnol progressiste UpyD (Union, progrès et démocratie).

Lors des élections présidentiels de 2011, au Pérou, il donne sa faveur au candidat nationaliste Ollanta Humala qui affronte la fille de son ancien adversaire Alberto Fujimori.

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 10:41

À aller découvrir le we prochain :

 

lLes beaux joursLa troisième édition du salon du livre Les beaux jours de la petite édition aura lieu les 6 & 7 avril 2013 à Cadenet (84). Pour rappel, cette manifestation est exclusivement tournée vers la petite édition exigeante, mais demeure un salon du Livre généraliste. Il est coorganisé par la ville de Cadenet et  la Boucherie littéraire.

Venez découvrir des maisons d'éditions dont le qualificatif de « petites » n'enlève rien à leur grandeur ou maturité pour certaines.

Ce salon du livre ouvert à tous, de 1 à 101 ans, privilégiera cette année la rencontre entre les auteurs et le public. Les deux jours du salon seront marqués par 25 temps fort.

Plus de 27 auteurs seront présents sur le salon, 22 d’entre eux nous offrirons des temps de lecture et de rencontre. Ces auteurs et illustrateurs sont d’ici ou du Nord de l’Europe pour l’un d’en eux, leurs éditeurs arrivent de toute la France.

Et toujours deux éditeurs mis à l’honneur : cette année ce sont L'Atelier du gué et Les Éditions Chemin de ronde.

L'Atelier du Gué, qui nous vient du département de l’Aude, a été créé en 1975. Il publie et privilégie la nouvelle et les textes courts. Plus particulièrement depuis 1980, à travers la revue Brèves et une collection dédiée aux nouvellistes français et étrangers.
À leur côté, les éditions chemin de ronde, installées à Cadenet dans le Vaucluse, sont spécialisées dans la publication d’ouvrages philosophiques, littéraires, ainsi que d’essais sur les pratiques artistiques en général et la musique en particulier.

Retrouvez sur le blog de la Boucherie littéraire la présentation détaillée de ces deux maisons d’éditions ainsi que le programme des rencontres et lectures : laboucherielitteraire.over-blog.org

 

Vous y croiserez Christian Tarting qui est un des trois cofondateurs des Éditions Chemin de ronde et des anciens étudiants, aujourd'hui acteurs du livre.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 22:54

Les étudiants du master professionnel "Monde du livre", à l'issue de leur travail de l'année, ont le plaisir de vous inviter, en partenariat avec l'Ile aux livres, à une rencontre avec
Antonin Louchard, auteur, illustrateur, directeur de la collection "Tête de lard".

Nous nous entretiendrons avec Antonin Louchard pour partir à la découverte d'une collection pleine de surprises : apparemment pour les tout-petits mais nourrie par des artistes contemporains qui n'appartiennent pas à l'illustration de jeunesse, la poésie, l'art et l'humour en maîtres mots, des volumes tout-carton mais une étonnante diversité de techniques graphiques ...et bien d'autres découvertes encore.

Nous serions heureux de votre présence le mercredi 6 février de 9h30 à 12h dans la salle de conférence de la Bibliothèque de l'Alcazar.
Inscription auprès d'Anne-Marie Faure : amfaure@mairie-marseille.fr

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 22:35

Loin d’eux afficheC'est ce samedi à la Cité du livre :

un texte magnifique

un metteur en scène passionné

des acteurs géniaux !

 

Entrée libre et gratuite.

 

Venez nombreux !

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 23:16

Que l'année 2013 nous offre autant de plaisirs et de découvertes...

Diapositive1.jpg

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:55

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Nous faisons appel à nos anciens qui vivent à Paris :

si vous pouvez héberger un ou plusieurs étudiants pendant la durée du Salon du livre, faites-le nous savoir ! Et si vous avez des plans d'hébergements pas chers, idem.

Nous sommes preneurs de toutes les infos qui pourront réduire le coût de leur stage.

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A vous de jouer !