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L’élégance du hérisson, Muriel Barbery (Léa Pietromartire)

L’élégance du hérisson est le deuxième roman de Muriel Barbery. Publié aux éditions Gallimard dans la collection Blanche en 2006, ce livre a remporté cinq prix littéraires : le prix Georges-Brassens en 2006, le prix Rotary, le prix des Libraires, le prix de l’Armitière de Rouen et le prix Vivre livre des lecteurs de Val d’Isère en 2007. Traduit dans plus d’une trentaine de langues et vendu à plus d’un million d’exemplaires, le livre a été très apprécié des lecteurs. En 2009, ce roman a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique nommée Le hérisson réalisée par Mona Achache, et d’un pastiche littéraire L’élégance du maigrichon par Pascal Fioretto.

 

L’auteur

Muriel Barbery est née en 1969 à Casablanca, au Maroc. Ancienne élève de l’école normale supérieure, elle est agrégée et professeur de philosophie. En 2000, elle se met à écrire et publie son premier roman Une  gourmandise, qui reçoit deux prix littéraires. L’élégance du hérisson est son deuxième roman. Bien que son premier roman ait eu une reconnaissance plus faible que le second, Muriel Barbery remporte un vif succès tant sur le plan critique que commercial. En 2008, elle décide de démissionner et part s’installer à Kyoto au Japon, pays dont elle aime la culture. Elle aborde d’ailleurs ce sujet dans L’élégance du hérisson, et parle également du romancier russe Léon Tolstoï, dont l’œuvre Guerre et paix la fascine encore aujourd’hui.

 

Résumé 

L’élégance du hérisson relate la vie de trois personnages. Renée, cinquante-quatre ans, est la concierge d’un immeuble bourgeois situé 7, rue de Grenelle. Cette femme, passionnée par la philosophie et dotée d’une grande culture, a comme passe-temps favori la lecture. Cependant, cherchant à rester la plus discrète possible, elle profite de son métier pour cacher sa véritable identité aux personnes qui l’entourent. Renée est veuve, n’a pas un physique très avantageux et vit avec un chat prénommé Léon, en hommage à Léon Tolstoï. Elle se montre aux habitants de l’immeuble comme étant une personne aigrie, et ayant une culture et des compétences intellectuelles réduites, afin de ne pas attirer l’attention. Son unique amie est une femme prénommée Manuela qui fait le ménage dans l’immeuble.

Le deuxième personnage important est Paloma, une jeune fille bourgeoise de 12 ans brillante et révoltée qui habite également 7, rue de Grenelle dans un appartement luxueux. Fille d’une mère sous antidépresseurs et d’un père député, elle voit le monde des adultes tel un bocal à poisson, rempli d’ineptie et de faux-semblants, et prend donc la décision de se suicider le jour de ses 13 ans. Avant sa mort, elle décide d’écrire ses « pensées profondes » et son « journal du mouvement du monde » que nous découvrons tout au long du roman.

Mais l’arrivée d’un Japonais du nom de Kakuro Ozu dans l’immeuble bourgeois où résident Renée et Paloma va changer le cours des choses. Cet homme, féru de culture et lointain parent du cinéaste Yasujirō Ozu qu’affectionne particulièrement Renée, va tout de suite remarquer que la concierge n’est pas la personne qu’elle prétend être. La concierge va donc enfin pouvoir montrer sa réelle personnalité et partager ses passions pour la littérature russe et le cinéma japonais. Les deux adultes vont également se lier d’amitié avec Paloma.

 

Titre 

Lors d’une discussion entre Paloma et Kakuro Ozu, la jeune fille se confie au Japonais à propos de ses questionnements sur la concierge. En effet, tout comme Monsieur Ozu, Paloma pense que Renée n’est pas une concierge inculte comme elle prétend l’être. Paloma dit alors : « Mme Michel, elle a l’élégance du hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’intuition qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussement indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes. »

Thèmes abordés, construction du roman et style d’écriture

Tout au long de son roman, Muriel Barbery alterne le récit de Renée et les « pensées profondes » ainsi que le « journal du mouvement du monde » de Paloma. De plus, le roman se divise en cinq sortes de gros chapitres qui sont « Marx (Préambule) », « Camélias », « De la grammaire », « Pluie d’été » et « Paloma ».. Nous remarquons donc que la structure est très ordonnée. Le style d’écriture est parfois exigeant, de par les nombreuses références philosophiques et les phrases quelque fois difficiles à comprendre à cause du lexique recherché, mais la beauté d’écriture de l’auteure fait que malgré les difficultés, le roman reste un réel plaisir à lire.

Muriel Barbery fait dans ce roman une satire sociale en présentant trois personnages n’ayant pas du tout le même niveau de vie. Elle se moque également du stéréotype que l’on se fait de la concierge. Beaucoup de références à l’art («Car l’art, c’est la vie, mais sur un autre rythme ») ainsi qu’à la littérature sont faites dans ce roman (« Lorsque les lignes deviennent leurs propres démiurges, lorsque j'assiste, tel un miraculeux insu, à la naissance sur le papier de phrases qui échappent à ma volonté et, s'inscrivant malgré moi sur la feuille, m'apprennent ce que je ne savais ni ne croyais vouloir, je jouis de cet accouchement sans douleur, de cette évidence non concentrée, de suivre sans labeur ni certitude, avec le bonheur des étonnements sincères, une plume qui me guide et me porte. »). Nous pouvons également voir que des réflexions sur la pensée marxiste et sur l’intelligence sont très présentes dans ce roman ainsi que de nombreuses références philosophiques.

Conclusion 

Le roman de Muriel Barbery nous entraîne vers de nombreuses réflexions. En effet, les thèmes abordés, la vision très pessimiste de Paloma par rapport à la vie et l’écriture quelque peu satirique de l’auteure nous donnent matière à réfléchir. Muriel Barbery a conquis les lecteurs en leur procurant des émotions qui passent du plaisir à la réflexion, et du rire aux pleurs en découvrant la fin du roman qui est inattendue.

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