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© Ronald Van Cauter, 2006

 

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A vous de jouer !

27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 18:00

Les Romanov vous connaissez ? Les légendes sur eux sont nombreuses : Anastasia la princesse qui « renait », ses sœurs soi-disant sauvées, Raspoutine l’envoyé de Dieu qui finit par envoyer les Romanov au ciel…
Si ces mythes vous sont inconnus, alors découvrez leur dynastie, et comprenez pourquoi elle fascine à ce point le Monde.

Les Romanov ou la canonisation des tsars :

Les Tsars Romanov : une dynastie au droit divin

Après une période d’anarchie totale jusqu'en 1613, la Russie a besoin d’un nouveau Tsar - une volonté du peuple qui souhaite le retour d'une autorité pour mettre fin au chaos. C’est aussi ce même peuple qui désirera s’en débarrasser 400 ans plus tard.

Michel Romanov âgé d’à peine 16 ans et ayant un lien direct avec l’ancienne dynastie est l’élu et se voit obligé d’accepter alors même que sa mère s’y opposait. Michel était la puissance divinequi engendrerait prospérité et gloire à la Russie. Pendant un temps, les Romanov furent les monarques les plus puissants de l’histoire de l’Europe. 

Parmi les plus marquants, nous noterons son petit-fils Pierre Ier ou Pierre le Grand (1682-1721), le plus visionnaire de la lignée qui imposa un règne strict mais fortuné pour une Russie moderne. Il donna naissance à la ville de Saint-Pétersbourg, base militaire à l’époque. Ses petits-enfants lui succédèrent un à un jusqu’à que la femme de son petit-fils, allemande et très appréciée du peuple russe, avive un coup d’État contre ce dernier. C'est en 1762 que, aidée par des hommes de la cours et de la garde impériale, la futur régente Catherine II la Grande arrive à détrôner son mari alors même qu’il dormait et finit par le faire assassiner quelques jours plus tard. Elle remania son image pour montrer sa fierté russe : elle était impératrice, officier militaire et femme élégante et forte. Elle envoya ses troupes marines vers la bataille de Chesma Bay l’un des engagements politiques les plus marquants de la Russie mais apporta aussi un vaccin contre la variole, fit bannir la torture...

Catherine la Grande / Pierre le Grand
Catherine la Grande / Pierre le Grand

Catherine la Grande / Pierre le Grand

Son fil Paul, échaudé par ce qui est arrivé à son père, fit en sorte que plus aucune femme ne dirige la Russie. À sa mort provoquée par des conspirateurs, c'est sa progéniture, Alexandre Ier qui repris le pouvoir. Malgré des débuts houleux, il mena la bataille de Borodino contre Napoléon Ier et fut déclaré vainqueur par l’écrivain Leon Tolstoï car pour un même nombre de morts, la Russie comptait de nombreux soldats inexpérimentés face à l’armée la plus forte d’Europe.

Battle of Borodino de Franz Roubaud, une fresque de 115 mètres exposé dans son musée panoramique à Moscou.

Battle of Borodino de Franz Roubaud, une fresque de 115 mètres exposé dans son musée panoramique à Moscou.

C’est un vent de révolutions, synonyme de déchéance qui naquit après la mort d’Alexandre. Les décembristes, ces soldats contre la couronne désiraient la fin du servage et une liberté de la presse. Le nouveau Tsar Nicolas Ier ne fut pas de cet avis et agit avec cruauté en ordonnant le tir direct sur son peuple pour faire régner l’ordre. Son fils Alexandre II quant à lui annula la censure et abolit le servage pour répondre à son peuple. Mais ses idées révolutionnaires engendrèrent tout de même une violence féroce contre le régime. Son assassinat par des étudiants radicaux endurcit son fils Alexandre III qui mit fin aux réformes et créa une police secrète pour éradiquer les agitateurs. Son enfant prit le même chemin…

Tout comme Michel, son descendant Nicolas II, fils d’Alexandre III ne voulait pas devenir Tsar. Pourtant, à 26 ans, le dernier monarque due porter tout un pays sur ses épaules pour le meilleur… et le pire.

 

La descente aux enfers 

Profondément russe, Nicolas avait une forte dévotion religieuse et comptait sur une vision médiévale de la Russie pour gouverner. Cependant, les ouvriers avaient des souhaits autres. De part des manifestations et la Douna, une assemblée élue, ils tentèrent de se rapprocher de leur souverain mais Nicolas et sa femme Alexandra demeurèrent des Tsars distants.

La cause ? Les Tsars eurent quatre filles, et avec peine un descendant pour le trône, Alexis malade d’hémophilie, maladie incurable et maintenue secrète. Ce qui le sauva ? Gregory Raspoutine, maitre du dicton : « plus on fait de péchés, plus on est pardonné ». Proche d’une mort certaine, ce faux moine pria aux côtés d’Alexis pendant 10 minutes et lui apporta une santé de fer. Après ça, leur confiance en lui les enferma au sein d'une relation secrète qui alimentait les ragots et renforçait le fossé entre le peuple et la famille monarchique.

Raspoutine

Raspoutine

En 1917, c’est la révolution qui est lancée par les paysans affaiblis par la guerre. Alors que ses généraux l’abandonnent, Nicolas abdique afin d’éviter la guerre civile. C’est la fin du règne des Romanov. Le nouveau gouvernement provisoire suivi par les bolchéviques ne cesseront d’entrainer la famille dans sa disparition. D’abord emprisonnée dans le palais d’Alexandra, la famille est amenée à Yakaterinburg, une prison moins dorée.
C’est tout un mystère qui se créé autour de cette demeure où tout a été passé sous silence.
Selon les sources aux premières heures du matin 1918,
 la famille fut réveillée, descendit à la cave sous prétexte de déménagements. Néanmoins, un peloton d’exécution se préparait à l’extérieur et un des bourreaux s’exclamait déjà.

« Nikolaï Alexandrovitch, les vôtres ont essayé de vous sauver, mais ils n’y sont pas parvenus. Et nous sommes obligés de vous fusiller. Votre vie est terminée. »

— Iakov Iourovski
 

La canonisation de la famille 

En 1981, la canonisation de la famille au titre de martyrs chrétiens va permettre à l’Église orthodoxe de rassembler les fidèles. La famille est remise au rang de sainte, apte à être reconnue au titre de culte officiel.
Au cœur du monastère, le pèlerinage est une manière de célébrer les Tsars au sein de leur pouvoir et à la chapelle de Yakaterinburg c’est une manière de les célébrer comme martyrs établis. C’est un geste à double vocation : politique pour l’Église qui reprend sa place dans une nouvelle Russie et aussi de soudure : ressouder les croyants d’avant les bolchéviques.


D’après moi, c’est un peu une façon de faire perdurer l’histoire des Romanov et de leurs mystères.

Finalement, qu’est-ce qui a déterminé cette fin pour les Romanov ? N’est-ce pas tout simplement leur destin ? Celui d’une dynastie grandiose choisi un peu au hasard mais nécessaire quant à l'image de la Russie d'aujourd’hui ?

Et puis ces théories folles qui subsistent sur leur décès… N'est-ce pas plutôt un signe que la dynastie Romanov n’est pas morte mais qu’elle continue de vivre dans nos esprits ?

Vous en pensez quoi vous ?

Photo bonus :

Le lieu du crime

Le lieu du crime

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